ACTE TROISIÈMB
FRANÇOIS
Mon Dieu! on est quelquefois lâche devant les
larmes. •
BRAGONT
Tu ne peux supporter que celles que tu ne vois pas.
FRANÇOIS, à Bracony.
Je mérite d'être jugé sévèrement, je le reconnais; n'empêche que si tu as un peu regardé autour de toi, tu n'as pas dû constater beaucoup de ruptures loyales, d'une loyauté scrupuleuse. |
BRACONY
Deux ou trois à peine. On peut se le dire entre hommes, nous ne sommes délicats qu'avec la femme en train.
BÉHOPÉ
Une femme serait là, qu'elle répondrait : « Nous le savons mieux que vous ».
FRANÇOIS, avec embarras.
J'approuve la franchise de Mariette. J'admire son courage. Et pourtant, si la douleur de son amie lui avait imposé quelques ménagements, même un peu de duplicité, je ne me sentirais peut-être pas la force de le condamner.
BRAGONT
Ni moi non plus, parbleu.
FRANÇOIS
11 y a des cas complexes. On ne rompt pas toujours comme on doit ; et surtout quand il adore une autre femme, l'amant le plus parfait en est quelquefois ré-
duit à de tristes actions ^||Ter£ la maîtresse qu'il veut abandon»^.
BÂHOPÉ
Parles-tu de tes projets ou dô tes souvenirs?
FRANÇOIS
Je dis que l'amour désoriente notre conscience misérable, et que le plus galant bomme, dès qu'il aime ailleurs, descend quelquefois à toute9 les cruautés ou h^ toutes les perfidies pour obtenir sa liberté et se rapprocher de là femme attendue,
BÉHOPtf
Attendue ou retrouvée?
Tu es indulgent comme pour toi-mêifei«.
QÉHOPÉ
Alors, tu a? résolu de rompre avec ta maltresse par amour pour une autre femme?
FRANÇOIS
Mais il n'est pas question de moi, j'exprime une opinion, voilà tout.
BBAGONT
Diable d'homme! on ne l'aperçoit qu'au moineut des ruptures ou des réconciliations.
BÂHOPé, apercevant Antoinette.
Tiens, madame Bellangé. Tu vas pouvoir appliquer tes théories.
FRANÇOIS
Je n^ai jamais eu de théories, Hélas t