SCÈNE IV. — ADAM, SÉLIMA
SÉLIMA.
Mon père, tu le connais donc, cet homme? C’est la première fois que nous en entendons parler.
ADAM
Mon fils Seth est le seul de mes enfants auquel je n’aie pu cacher son existence.
SÉLIMA.
L’arrivée de cet inconnu te trouble , t’inquiète... Ne le reçois pas, mon père, ne pense plus à lui !.. . Songe plutôt à l’heureux événement qui doit terminer ce beau jour... Ce soir tu conduiras à l’autel ta Sélima.
ADAM
Oui, ce soir... les craintes, les inquiétudes...
DRAME
l’attente douloureuse, l’incertitude cruelle.. . toutes les peines dont la vie est semée ne seront plus pour moi qu’un vain songe évanoui pour toujours.
SÉLIMA.
Tu n’ignores pas à quel point Sunim m’est cher, et je sais combien sera délicieux pour toi l’instant où tu nous uniras... Après le coucher du soleil, guidés par notre mère, tous tes enfants se rendront ici pour t’accompagner au bosquet nuptial... Ah! si nos voeux pouvaient hâter le cours du soleil !... Mais déjàle jour commence à tomber. .. le soleil s’abaisse vers les montagnes...
ADAM
Le soleil s’abaisse, dis-tu?... Est-il près des cèdres?
SÉLIMA.
Il n’en est pas fort éloigné... Puissent ces beaux ombrages nous le cacher bientôt !...
ADAM, à part.
Quel discours!... et dans sa bouche!... grand Dieu !...
SÉLIMA.
Mon père, je vois avec joie que tu as repris tes occupations champêtres... Mais quels sont ces travaux que tu viens de commencer?
LA MORT D’ADAM
ADAM
Ma fille. . . tu le sauras ce soir. . .
SÉLIMA.
N'entends-je pas la voix de mon frère?
ADAM
Oui, c’est lui...
SÉLIMA.
L’inconnu le suit...
ADAM
Va... laisse-nous.
SÉLIMA.
Que je crains pour toi cet entretien !
ADAM
Le voici... éloigne-toi...
(Sélima sort.)