SCÈNE VIII. — ADAM, seul
ADAM
Il a ébranlé toute mon âme !... Le saisissement, la pitié ont suspendu pour moi, pendant quelques instants, les affreuses terreurs de la mort : les violentes angoisses qui m’ont agité semblent avoir ranimé mes forces défaillantes... Je puis marcher, je me sens moins appesanti... je commence à mieux distinguer les objets... Des idées confuses, mais consolantes, malgré moi s’offrent à mon imagination. . . En vain ma raison les rejette. . . elles séduisent mon cœur. . . Cependant je touche à ma dernière heure. O Dieu, n’aurais-tu voulu que m’éprouver? Daignerais-tu prolonger encore cette
DRAME
St
vie que l’amour paternel me rend si chère?... Estce un pressentiment qui m’éclaire? est-ce une illusion?... Hélas! lorsque ma fatale désobéissance me priva du bonheur et de l’immortalité, en exerçant ta sévère justice tu fis éclater ta bonté : tu me ravis tous les biens dont je jouissais; mais tu me donnas l’espérance... Ce sentiment consolateur doit-il suivre l’homme jusqu’au bord de la tombe? et ne peut-il s’anéantir qu’avec lui! Mais mon fds revient...