SCÈNE I. — PHANOR, ZIRPHÉE
Au lever de la toile, Phanor cherche à retenir Zirphée, qui détourne la tête avec horreur.
PHANOR
Zirphée ! de grâce daignez m’entendre un seul instant !
ZIRPHÉE.
Laissez-moi... laissez-moi!
PHANOR
Si vous l’ordonnez, j’obéirai. . . vos moindres volontés sont pour le malheureux Phanor des lois suprêmes ; mais quand il ose vous demander, pour la première fois, un moment d’entretien, aurez-
vous la cruauté de le lui refuser?
ZIRPHÉE.
L’infortuné !... qu’il est à plaindre !
PHANOR, laissant aller Zirphée.
Vous êtes libre, Zirphée, je ne veux rien devoir à la violence; continuez à me fuir.
ZIRPHÉE, détournant toujours la tête.
Mais qu’avez-vous à me dire?
PHANOR
O ciel! vous tremblez... Elle est donc bien forte l’aversion que faitnaîtremonhideux visage?... Zirphée! vous pouvez me haïr; mais devez-vous me craindre?
ZIRPHÉE.
Je ne vous hais point.
PHANOR
Mes vœux sont donc satisfaits... Le bonheur d’être aimé n’est pas fait pour moi, je n’y prétends point; mais cette figure horrible, que vous n’osez regarder, cache un cœur sensible.
ZIRPHÉE, à part.
Que sa voix est touchante!... Pourquoi faut-
il... (Elle jette un regard sur Phanor et s’écrie arec effroi :) Horreur !... (Elle fait quelques pas pour fuir.)
PHANOR veut l'arrêter.
Zirphée ! calmez cet elfroi !
COMÉDIE. 291
ZIRPHÉE.
Au nom du ciel, laissez-moi! (Elle s’échappe.)