SCÈNE VI. — LA BARONNE, BÉLINDE, LAURETTE
LISETTE
LAURETTE, tout essoufflée.
Maman. . . maman. . . j’ai fait la découverte la plus importante.. .
LA BARONNE
Taisez-vous. J’ai découvert, moi, que vous êtes un monstre de fausseté, que vous déshonorez votre famille par le vice le plus bas et le plus odieux.
LAURETTE
O ciel !... Maman, la dernière fois que vous avez daigné m’entendre, je ne vous ai pas menti , je le proteste...
LA BARONNE
Otez-vous de mes yeux ; vous me faites horreur... Mademoiselle de Bléville est furieuse contre vous, et tout ce que vous m’avez conté d’elle n’était qu’un tissu de mensonges. . .
LAURETTE
Juste ciel!... Mais, j’aurais donc menti sans le savoir; car je vous jure, maman...
LA BARONNE
Préparez-vous à retourner au couvent tout à l’heure.
INTRIGUE ET MENSONGE
LAURETTE
Mais auparavant, maman, écoutez-rnoi, je vous en supplie; j’ail’avis le plus essentiel à vous donner...
LA BARONNE
J’admire votre audace ; comment osez-vous seulement soutenir mes regards?. . .
LAURETTE
Votre colère et mon repentir m’accablent, mais je dois parler. . .
Encore une fois, taisez-vous; je vous ordonne de ne pas prononcer une parole de plus...
LAURETTE, à part.
Quel supplice!...
LA BARONNE
Venez, Bélinde; voyons quel parti nous prendrons... Venez. (Elle sort.)