TOINETTE, LUCIE, MÉLANIDE, DOR^E
MÉLANiDE, à Lucie,
V F.NEz , ma chère Lucie , embrassez-moi ^ Dorine est enchante'e de vous, et tout ce qu'elle m'en a dit me cause une joie extrême.
LUCIE, à part.
Cela me perce Tâme.
MÉLANIDE
Si vous vous conduisiez toujours ainsi , vous feriez mon bonheur.
LUCIE, avec embarras.
Ma tante...
MÉLANIDE
Promettez-moi , ma fille , que ce sera tous les jours la même chose... Tous ne répondez point , vous baissez les yeux... Vous ne voulez point prendre un engagement qui me rendroit si heureuse?
D ORINE
Oh, mademoiselle, j'en suis sûre, le rempliroit avec plaisir.
LUCIE, vivement à Dorine.
Non , mademoiselle, non...
DORINE, à Lucie.
Mais vous n'y pensez pas.
MÉLANiDE, à Lucie.
He' bien, Lucie, je ne suis pas fàclie'e de ce que vous venez de dire là j du moins il y a de la bonne foi. Je de'sire que vous ayez des talens , mais je veux avant tout que vous soyez vraie ^ c'est la première de toutes les vertus.
LUCIE, à part.
Comme tout cela me fait souffrir; quel reproche pour moi !
M É L A N m E Ne parlons plus d'e'tude aujourd'hui \ Dorine est contente de vous , il faut vous en récompenser ; ne songeons qu'à nous divertir.
LUCIE
En vérité', ma tante, je ne mérite point de récompense.
MÉL AÎS'IDE.
Cette opinion ne vous en rend que plus
digne.
D 0 R I N E , bas à Lucie.
Quittez donc cet air embarrasse'.
LUCIE, à Dorine avec humeur.
Laissez-moi.
ivi É L A. N I D E , à Lucie.
Ma fille, je vous trouve abattue et change'e ^ vous n êtes pas malade ?...
LUCIE
Non 5 ma tante.
MÉLANIDE
C'est sa leçon qui Faura trop appllque'e. ( A Dorine. ) Il ne faut pas non plus les lui donner si] longues. Je ne veux pas qu'ion la fatigue.
LUCIE, à part.
Elle ne dit pas un mot qui ne me pe'nètre.
MÉLANIDE
Il n'est que quatre heures ^ je vais faire un tour de jardin avant cracliever ma toilette. Lucie , voulez-venir avec moi 't
LUCIE
Yolonticrs, ma tante.
L'air vous fera du bien, car je parie que vous avez mal à la tcle^ venez, mon enfant... (Elle s'appuie sur Lucie, elles sortent^ Toinette les suit. )