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SCÈNE V LE GÉNÉRAL, LÉA, puis VICTOR et LE GARÇON

LE GÉNÉRAL, sortaut son porte cigarettes et prenant une cigarette.

LÉA, qui est devant la glace, en train d« s'arranger.

Mon chéri?

LE GÉNÉRAL

Qu'est-ce que tu fais donc?

LÉA

Je m'arrange... Je mets un peu de rouge... (Voyant la

porte-cigarettes que le général tient toujours à la main.) TlenS, donne-moi une cigarette... (Le générai ouvre l'étui; L.^a lui prend une cigarette, va chercher une allumette dans le porte-allumettes sur la cheminée et allume.) On eSt bien, ici...

LE GÉNÉRAL

On ne sera pas mal... Tâte le divan...

LÉA, fumant.

Tu ne penses qu'à çal...

Elle passe devant la table.)

184 THEATRE D'EPOUVAi^îTE

LE GÉNÉRAL

Tu es très en beauté, ce soir...

(Il se lève, passe au-dessus de la table et se rassied sur le divan,

au fond.)

LÉA

Jamais trop pour toi...

(Elle s'approche du général.) LE jGÉNÉRAL, la regardant dans les jeaz.

Et tu vas te décider à être gentille?

LÉA, souriante.

Mais je suis toujours gentille...

LE GÉNÉRAL, lui prenant les mains.

Tu comprends ce que je veux dire... (ii la fait asseoir sur ses genoux.; Tu feras ce que je voudrai... tu seras obéissante?...

LÉA

Un agneau...

(On frappe. — En entendant frapper, Léa s'est levée et est venue regarder par la fenêtre. — Entrent Victor et le garçon, ce dernier portant un plateau sur lequel se trouve le souper qu'il dispose sur la tablt!, puis il sort. — Victor débouche le champagn» et le verse dans les verres, pendant les répliques suivantes.)

LÉA, dans l'embrasure de la fenêtre.

Ohl viens voir la fête, sur la place...

LE GÉNÉRAL, qui se lève et vient près d'elle.

Ça n'est pas encore éteint, à cette heure-ci?

(Léa ouvre ]a fenêtre. On entend les bruits de la fête.)

LÉA

Il y en a du monde, h Montmartre, cette nuitî...

LE GÉNÉRAL, s'accoudant à la fenêtre et se penchant pour voir sur la place.

Ahl ça c'est drôle!

Qu'est-ce qu'il y a?

LE GÉNÉRAL, lai montrant de la main.

Tu vois ces deux hommes qui stationnent en bas, ir le trottoir?

LÉA, regardant.

Oui. Eh bien?

LE GÉNÉRAL, gaiement.

Ce sont deux agents que le Préfet de police a eu >bligeance de mettre à ma disposition.

LÉA, riant.

» Ça c*est chic! Au moins, on est en sûreté avec toi. a n'a rien à craindre. (Eiie referme la fenôtre.)* Est-ce l'ils te suivent partout?

LE GÉNÉRAL

Partout. Quelquefois, ils me lâchent pour aller )ire un verre... même deux... On a ses faiblesses! ors, pendant ce temps, je les sème. Mais les gailî'tls ont su retrouver ma trace. (Riant.) On a tort de se indre de la police à Paris, elle n'est pas si mai

186 THÉATllE D'ÉPOUVANTE

LÉA Oh! mais c'est que toi on te soigne, mon gros!

LE GÉNÉRAL, sans quitter la fenêtre, dont il soulève les rideaux

Oui... Ils ne se doutent pas que c'est moi qui les

surveille... (Regardant plus attentivement.) TieUS ! Tieus!...

C'est curieux I On les a changés! Ce ne sont plus les

mêmes!...

LEA, l'entraînant à table.

Ils se relaient. Ce que tu dois les faire trotter, les pauvres!... Viens donc souper!

VICTOR, qui a servi le souper et versé le Champagne dans les verrei.

Son Excellence est servie.

(U sort.) LÉA, prenant son verre.

Vite, que je boive, je meurs de soif!

LE GÉNÉRAL, levant son verre, à Léa.

Aux petites femmes de France!

LÉA

Ça, c'est galant!... (Us boivent.) Tout de même, quand je voyais ta photo entre celle du Pape et du présidenl de la République, je ne pensais pas qu'un jour nou{ trinquerions ensemble... Ah! non!...

LE GÉNÉRAL

Tu es contente de ce qui est arrivé?

LÉA, gentille, se penchant vers lui.

Tu ne peux pas te douter, mon ami... A propos de photo... tu sais, j'ai acheté la tienne.

LE GÉNÉRAL, riant.

Ah! ahl.,.

Tu m'y mettras une dédicace, dis?

LE GÉNÉRAL

Tout ce que tu voudras.

LÉA, regardant d'abord sur la dessertd.

Y a-t-il de quoi écrire, ici?

LE GÉNÉRAL, désignant la cheminée.

Oui, sur la cheminée... (Léa veut se lever, il la retient.

Tout à l'heure, ça ne presse pas.

(Léa se rassied.) LE GÉNÉRAL, la caressant.

Si tu es gentille, je m'occuperai de toi.

LÉA

Tu me feras entrer au théâtre, dis? J'aimerais tant jouer... le drame surtout...

LE GÉNÉRAL, riant.

Oui... Oui...

LÉA

Et puis, tu m'emmèneras avec toi en Russie?

LE GÉNÉRAL

Pourquoi laire?... Je suis toujours à Paris.

LÉ A, tout en mangeant.

Tu ne vas jamais dans ton patheliu, ià-bas?

LE GÉNÉRAL

Le moins possible.

LÉA

Tu t'y embêtes?

LE GÉNÉRAL

D'abord. Et puis, j'ai toujours peur de ne pas en revenir.

LÉA

Pourquoi?

LE GÉNÉRAL

Il y a des gens, là-bas, qui n'attendent qu'une occasion de me faire sauter.

LÉA

On te veut donc du mal?

LE GÉNÉRAL, mangeant aussi.

Ce sont des révolutionnaires, des crapules, quoil

LÉA

Qu'est-ce que tu leur as donc faitl Tu n'as pas l'air

si .i.cciiaut...

LE GÉNÉRAL

Je ne suis pas méchant. Seulement, j'aime pas qu'on m'embête I... Pendant que j'élais gouverneur de Moscou, ils avaient formé un complot contre moi, sous prétexte que j'avais violé leurs droits.

LÉ A, riaat.

Tu ne devais pas violer que ça?

LE GÉNÉRAL

Ah! ah I ils tiennent encore plus à leurs droits qu'à leurs filles ! Ils m'avaient condamné à mort.

LE A, gaiement

Eh bien I tu ne t'en portes pas plus mal 1

(Elle lui vsrse à boira.) LE GÉNÉRAL

Comme tu vois !... A ta santé I

(Il boit.) LÉA, reposant son verre sans presque avoir ba

Atasanlél...

LE GÉNÉRAL

Mais tu ne bois pas?

LÉA

Mais si, je bois,.. Alors, ils t'avaient condamné?

LE GRNÉRAL

Oui. Heureusement que leur chef s'estlaissé prendre.

Seulement, voilà! Je n'avais pas de preuves contre loi et pas moyen de le faire parler...

LÉA

Alors?...

LE GÉiNÉRAL

Alors... (Un temps.) Quand on me Ta amené, j'étais en train de fumer un excellent havane. A chaque question que je lui posais, je posais également mon cigare sur sa main et sur sa figure... (u fait les gestes.) pendant qu*oa le maintenait solidement. Et j'attendais tranquillement sa réponse.

LÉA

Et il répondait...

LE GÉNÉRAL, riant.

Il gueulait!... Il a nommé tous ses complices. On allait les cueillir à mesure. Mais il y en avait tellement que j'ai été obligé de rallumer un second cigare.

LÉA

C'est épatant comme tu as des idées ! Je ne sais pas où tu vas les chercher, mais c'est toujours rigolo 1

LE GÉNÉRAL N'est-ce pas? (On frappe. Entrent Victor et legarçon. Un temps. Victor change la bouteille de Champagne, donne les cigares, les cigarettes, pendant que le garçon dessert, puis ils sortent rapidemeaL —

Une fois qu'ils sont sortis.) Ah ! si chacuu avait moutré de l'énergie comme moi, si mes conseils avaient été suivis, il y a longtemps que ces dogues seraient muselés! Maisje n'ai pas été soutenu,, onm'ablâmé, disgracié!

AU RAT MOlVr, CABINET 6... 491

LÉA Parce que tu avais monlré de la poigne?

LE GÉNÉRAL

Oui. Ahl si j'avais été le maître, c'est à coups de mon que j'aurais balayé cette canaille I...

Tu n'y vas pas de main mortel

LE GÉNÉRAL

Avoue que je te fais un peu peur, ma petite Léa?

LEA, le regardant avec admiration.

Non, au contraire... C'est épatant, je ne peux pas 5xpliquer, mais je suis heureuse d'être avec un type »mme toil...

LE GÉNÉRAL, se rapprochant d'ell*.

Vrai?

LÉA

C'est insensé ce que j'ai eu tout de suite le béguin.

LE GÉNÉRAL

Mors, si ça m'arrivait d'être assassiné, ça te ferait la peine?

LÉA

Dh I écoute, mon gros, parle plus de ça, c'est pas i 1 Bois donc. (EUe lui verse du Champagne.) Ça te changera idées.

LE GÉNÉRAL

Tu crois que c'est de la blague? J'y pense ?ouven Je me souviens de la menace d'un certain Ivan i\î chelwitz.

LÉ A, se servant des fruits.

Encore un qui a voulu t'assassiner?

LE GÉNÉRAL

Ça a fait assez de bruit flans les journaux.

LÉ A, avec indifférence.

Ah! je ne sais pas.

LE GÉNÉRAL

On l'a envoyé en Sibérie. Mais il est mort sous j knout avant d'y arriver. i

LÉA

Tu l'avais spécialement recommandé?

LE GÉNÉRAL, ricanant ;

Bien entendu 1 ]

LÉA i

Et tu y penses encore ?

LE GÉNÉRAL

Souvent. Au moment de partir avec le convoi def'çats, il s'est retourné vers moi, en me menaçant o poing et m'a crié : Béî'éguisse...

LÉA Qu'est-ce que ça veut dire?

LE GÉNÉRAL

Ça veut dire... (Cherchant.) Vous n*avez pas l'équivalent en français. C'est plu<^ fort que : « Prends garde I »,.. Quelque chose comme : « Le malheur est sur ioil.,. »

LÉA

C'est des blagues I Faut pas y penser ! Bois un coup, ça vaudra mieux.

(Elle lui reverse à boire.) LE GÉ.NÉHAL

Oui... Le vin et les femmes, c'est ça qui donne du prix à la vie!... Vois-tu, quand je sens à côté de moi ane chair jeune et fraîche comme la tienne...

(Il la renverse sur le canapé et l'embrasse avec violence. — Eli» se débat ; sa robe se déchire à l'épaule.)

LÉA

Non... voyons 1... Tu me fais mal...

LE GÉNÉRAL

Tu as une peau qui m'afl'ole... C'est doux comme ua 'mit!... J'ai envie démordre dedans.

(Il la mord brutalement à l'épaule.) LÉA, se levant en poussant un cri de douleur.

Ah! sale brute, va!...

194 THÉATHE D'ÉPOUVANTE

LE GENERAL, furieux et lut'chant.

Qu'est-ce que tu dis?

LE A, baissant la tôte. "

C'est vrai, ça!...

(Elle tombe assise sur le divan.) LE GÉNÉRAL

Ah! en voilà des manières! (Se radoucissant.) Allons, voyons, c'est pour rire...

LÉA, essuyant son épaule ensanglantée avec son mouchoir.

Pour rire !... Tu m'as fait mal.

LE GÉNÉRAL, penché sur elle.

Tant mieux. Je t'aime davantapje... toiite pâle... toute frémissante... Tu es encore plus belle!

LÉA, le repoussant avec dégoât

Non, laisse-moi... je ne veux pas.

LE GÉNÉRAL, la prenant brutalcm-int.

Tu ne veux pas... tu ne veux pas... Je te paie... je peux faire de toi ce que je veux... As-tu compris?.. ] Et puis, ne continue pas à faire cette tête-là, ça m'a- \ gace. (Durement.) Allons, voyous ! c'est fini?

LÉA, se soumettant, après un long tempi.

Oui.

LE GÉNÉRAL

Tu vas être gentille... ne plus bouder?

LÉA, faisant un effort.

Oui... c'est fini.

LE GÉNÉIUL, rasseyant sur ms g«»ux.

Viens sur mes genoux, là.

LÉA

Comme ta as le vin méchant I

LE GÉNÉRAL, très allumé.

Moi? Au contraire, je suis amoureux quand j*ai bu.

LÉA

Je voudrais bien te voir dan^ ces moments-là l

LE GÉNÉKAL

Eh bien ! regarde-moi.

LÉA

Oh ! mais plus saoul que ça.

(Elle prend sur la table lo verre du général qui est encore plein et le lui tend.)

LE GÉNÉRAL

C'est que j'ai promis d'être raisonnable...

LÉA, le forçant à boire.

|ru ne dois de compte à personne, je pense?

LE GÉNÉRAL

|Men sûr. (ii boit.) Oh ! la tête est solide, mais ce sont jambes... Et toi, tu ne bois pas? Il faut boire I

t96 TIIÉAÏUE D'ÉPOUVANTE

Moi, je n'ai pas l'habitude, ça me rend malade. Gombi n est-ce qu'il te faut de Champagne pour être complttement gris?

LE GÉNÉRAL, riant.

Avec du Champagne, c'est long! j'aime mieux lea liiueurs. La fine, c'est mon fortl...

LÉA

Et ton faible, c'est le kûmmel.

LE GÉNÉRAL, rianU

Ah ! oui, le kummel.

LÉA

C» st vrai que l'autre jour, tu as bu d'un trait ui verre — grand comme ça — de kummel?

(Elle lui montre un verre à Bordeaux.) LE GÉNÉRAL

Si c'est vrail Tu peux demander à Lutzi... c'est 11 qui avait parié.

LÉA, haussant les épaulef»

Allons donc, c'est pas possible.

LE GÉNÉRAL

Lui aussi disait ça : « Pas possible »... parié cii quante louis!

AU HAÏ MOFIT, CABLNET 6... 197

LÉAf avec admiration.

El tu as gagné?

LE GÉNÉRAL

J'ai gagné... Il en faisait une tête, Lutzil... moi lussi d'ailleurs... je voyais trouble I

LÉA

C'était de la drogue... c'était pas du kummel comme ;elui-ià.

(Elle prend la bouteille qui eit Bxa la Ublo.) LE GÉNÉRAL, entét4.

Si, sil

LÉA

Tu veux me faire croire que tu boirais... tiens... «ulement ça?...

(Elle lui verse un plein y«rr«.) LE GÉNÉRAL

Verse encore... tu vas voir! verse jusqu'au bord...

)u'est-ce que tu paries? (Léa le regarde eu souriant, puis baissa

»syeux.) Boni ça va!... Tu n'as qu'une parole? Tu verras!

LE GÉNÉRAL Alo^r^... (Il boit avec un grand effort. Pais reposant le varre.) J'ai

;agné 1

LÉA

Ça, c'est épatant!... (EUe se lève,) Tu en as un coffre!

198 THEATRE D'iiPOUVANTE

LE GÉNÉRAL, la bouche pâteoM.

Maintenant, il va falloir me payer.

LÉA, reculant vers la cheminée.

Je veux bien, mais viens me chercher.

LE GENERAL, après avoir essayé de se lever.

Je ne peux plus bouger. Allons, viens, viens ici, ma petite Léa.

LÉA, riant.

Non, lève- toi!...

LE GÉNÉRAL, avec un commencement d'ivresse.

Je ne peux pas!... Tu sais bien quand j'ai bu... Ahl sacrées jambes I...

LÉA

Essaye quand même, allons... fais un effort...

Elle va k lui, l'aide. — Après s'être soulevé, il retombe comme., une masse sur le divan.)

LE GÉNÉRAL

Je ne peux pas!... Je te dis que je ne peux pasi... Très gris.) Nom de Dieu! Ça y est! je suis...

LÉA

Tu es ivre !

LE GÉNÉRAL, rinut d'un rire d'ivrogn©.

Ah! ah!...

LEA, changeant brusquement de ton et d*allure.

Ne ris pas, Alexandre Alexandrowitch I

LE GÉNÉRAL, stupéfait.

Heinl

LÉA, 86 redressant avec un accent d« haine farouche.

Béréguisse 1

LE GÉNÉRAL

Quoi? Qu'esl-ce que tu dis?

LÉA, i voix basse, penchée sur loi.

Prends garde! — (Terrible.) .le suis Sonia...

LE GÉNÉRAL

Sonia?

LÉA

îîegarde-moi bien...

i.i: (.KNÉRAL, «fialé sur le divan, essayant de comprmdre.

Je... je...

LÉA, les yeux dans ses yeux.

Tu ne me reconnais pas?... Rappelle-loi...

LE GÉNÉRAL

Oui... peut-être...

A Moscou!... je te suppliais...

LE GÉ.^ËRAL

A Moscou I...

LÉA

Je suis la sœur d'Ivan... j'implorais sa grâce...

LE GÉNÉRAL, effrayé, comprenant

Sa grâce... Alors, pourquoi es-tu là?... Qu'est-ce que tu veux?...

LÉA

Je veux te tuer...

LE GÉNÉRAL

C'est moi qui vais te casser les reins I...

(Il essaie de se lever, mais retombe sur le divan. LÉA

Tu ne peux pas te tenir debout I...

LE GÉNÉRAL, se glissant jusqu'à l'angle du divan, Tera la cheminéo.

Putain!...

LÉA, debout, devant la cheminée.

Oui, putain!... Pour venger Ivan et tous ceux martyrisés par toi I

LE GÉNÉRAL, la manaçant

Tu me le paieras, canaille I

Tu te figurais me suivre, c'est moi qui te suivais! Depuis huit jours j'attends l'heure...

AU RAT iMOHT, CABINET 6... 201

LE GÉNÉRAL

Garce I

LÉA

Ah! tu cherchais des caresses inconnues. Eh bien I je vais l'apprendre une nouvelle étreinte...

(Le général prend la bouteille de Champagne par le goulot et yeut la lancer, mais le seau à glace tombe, ainsi que la bouteille qui lui échappe des mains. Léa a reculé jusqu'au milieu de la scène, vers la fenêtre.)

LE GÉNÉRAL

Sale garce!... Tu vas voir... Je vais te faire arrêter...

(Il est affalé sur le divan, sa main se trouve pr^s de la poire électrique, il s'en saisit et sonne violemment mais le fil se casse, la poire lui reste dans la main et le général roule à terre, au milieu do la pièce. — Léa, le voyant sonner, laisse échapper ua cri de rage.)

LÉA

Ahl...

(Elle recale jusqu'à la desserte.) LE GÉNÉRAL

Je te ferai crever sous le knout... je te livrerai aux îosaques pour les amuser...

(Presque aussitôt après que le général a sonné, on a entendu une sonnerie en coulisse, puis des bruits de voix ; la porte s'ouvre et Victor, le comte, Alice, entrent, effarés. Victor et le comte, qui ent tout de suite aper\,"u le général, vont à lui ; Alice passe audessus de la table, entre la cheminée et la table, en le regardant, très émue. Le garçon est également entré, mais il reste sur le seuil de la porte.)

202 THÉATRl:: DÉI'OLVAME

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