‹ Théâtre d'epouvanteChapitre 64 sur 84 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les Mêmes, GOUDRON

G<»rDi<0N

Ce n'est rien, messieurs... ce n'est rien... (Souriant.) 11 ne nous dcrani.:er;) plus... Je l'ai calmé. Quelle brute!... Tenez, regartiez comme il m'a grillé I... non, mais regardez! C'est qu'il est méchant ce bougre-là!

(Il montre set mains.)

Oh! mais vous avez les mains abîmées!...

HENRI

Tout égratignées!...

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GOUDRuN, s'essuyant avec son mouchoir. )

Oh! ce n'est rien... J'en ai tu bien d'autres depuis que je suis ici I

JEAN

Avec des malades comme celui-là, vous devez courir souvent de réels dangers...

GOUDRON

Oui, on a du mal!... Très intelligent quand il n'est pas en état de crise, ce malade a une manie dont rien n'a pu le guérir jusqu'à présent, malgré les années qu'il a passées ici à se soigner... (Souriant.) Il veut à toute force être docteur et diriger cet établissement... (Leur

offrant des cigarettes qui se trouvent sur la table.) Il a COntrC moi

une haine féroce!... Il n'y a pas une demi-heure, tenez, il avait réussi à entraîner les autres fous à se révolter!... Ceux-ci, qui le craignent énormément et lui obéissent comme à un chef, sont tombés sur nous à l'improviste... Ils voulaient nous emprisonner dans leurs cellules. Nous avons eu beaucoup de peine à nous en défaire et à les mettre à la raison... (Se metum à rire.)... Si toutefois On peut dire, messieurs, qu'oc met un fou à la raison... C'a été une bataille terrible entre eux et nous!...

REMII, à Jean.

Ce sont ces cris que nous avons entendus!...

GOUDRON, continuant d'un ton bonhomme.

Enfin, maintenant, ils sonl enfermés, et biec enfermés... Quant au « Directeur » comme tout h

monde l'appelle ici, je l'avais mis là (Montrant la chambre

de droite.) pour qu'il sc tienne tranquille... Mais il fait un tel bruit!... et j'ai horreur du bruit! (Répétant avec un Ion de voix étrange.) Oui, mcssieurs, horreuF du bruit... (Un temps, il s'assied.) Il a faliu le puuir Irès sévèrement... malgré la répugnance que j'ai toujours à agir ainsi vis-à-vis des malades... (Ému.) Ça m'a fait beaucoup de peine!...

HENRI

Vous lui avez fait mettre la camisole de force?

GOUDRnN, se relevant brusquement.

Ah ! ne parlez pas de ça!... Voyons, pourquoi parlez- Tous de ça?...

HENRI, interloqué.

Mais je croyais...

GOUDRON, furieux.

La camisole!... Mais c'est horrible!... C'est monstrueux!... Vous me feriez bondir!...

HENRI, pour réparer sa gafid.

Je sais que vous n'êtes point partisan de ces moyens de répression sévères...

GOUDRON

Barbares... ignobles!...

JEAN

Mais, cependant, dans certains cas...

HENRI

Il faut bien en venir là...

JEAN

Ou aux douches...

GOUDRON, frappant sur la Uble.

Voyons, messieurs, qu'est-ce que vous dites!... Le» douches!... Mais c'est pis encore que la camisole I Cette eau froide qui s'abat violemment sur le corps et la Icte... (Frissonnant.) Brr ! C'est comme si on jetait du pétrole sur du l'eu ! On voit bien que vous ne savez pas ce que c'est!... Ahl ne parlons plus de ça, je vous en supplie.

(Il se prend la tête dans les mains, comme s'il souffrait. Un long silence embarrassé. Jean et Henri se regardent, stupéfaits. II» semblent se demander : Qu'est-ce qui lui prend?)

HENRI, après un temps.

Pourri ez-vous, monsieur le directeur, entrer un peu dans le détail de la méthode nouvelle employée par vous?...

GOUDRON, soudain, redevenu très aimable et très calme.

Sans doute, messieurs, sans doute... N'étes-vous pas

venus pour cela... (A ce moment, la porte de gauche s'ouvre et on voit paraître un petit vieux à l'air timide, bientôt suivi d'un jeuue homme et de deux dames ; ils entrent lentement à la suite les uns des autres, sans dire un mot, souriants. — Goudron, s'interrompant à leur vue :) MalS

voici monsieur Plume... et monsieur Robert... Je serai heureux de vous les présenter... Gesonlpourmoi des collaborateurs précieux et des amis. (Aux journalistes qui se ion

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lewH.) Ne vous dérangez pas, je vous en prie... ne vous dérangez pas.

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