MADEMOISELLE EUGÉNIE
Monsieur Merlin, au moins,avait, lui, une lubie plus sensée; ea lubie était inspirée par le sens commun, et «lie procurait au moins du plaisir à tous ceux qui la connaissaient... Il avait découvert, après réÛexion, qu'il avait été, par accident, changé en coq; mais enj tant que coq, il se conduisait raisonnablement... I!
battait des ailes comme ça! (Elle imite les battements d'ailes
4u coq.) Quant à son chant il était délicieux! (EUe imite cri du coq.) CocoHco ! Cocorico ! . . .
TOUS, s«uf Goudron, imitant le coq.
Cocorico!... Cocorico!...
HENRI, se levant, bas à Jean.
Mais ils sont fous !
JEAN, même jeu.
Qu est-ce que ça veut dire?...
GOUDRON, se levant, colère, et frappant sur la table.
MademoiseUe Eugénie, veuillez vous contenir. Si vous ne pouvez vous conduire décemment, comme une jeune fille doit le faire, vous pouvez sortir...
TOUS, ensemble, sauf mademoiselle Eugénie qui baisse la tête et reste immobile au milieu do la chambre
Monsieur le directeur a raison!... Monsieur le directeur a raison I... Monsieur le directeur a raison!...
JEAN, bas i Henri.
Viens, partons... Ça me fait mail
HENRI, allant au docteur Goudron.
Mais, monsieur, c'est une mauvaise plaisanterie I...
(A ce moment, on entend très distinctement le grondement du tonnerre.)
GOUDRON, effrajé, lui saisissant le brtt.
Quel est ce bruit?...
HENRI, te dégageant.
Mais c'est Torage...
GOUDRON, affolé. (*)
L'orage!...
MADAME JOYEUSE, épouvantée, gémissant
L'orage!... Ah! mon Dieu!...
(Elle se cache la figure dans ses mains et ra se blottir dam un coin de la chambre, sous un fauteuil.)
(1) Les cinq répliques qui suivent doivent être dites ensemble.
248 THÉATKE D'ÉPOUVANTE