‹ Théâtre de Alexis de Comberousse, précédé d'une noticeChapitre 166 sur 764 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

CAMILLK, LUDOVIC.

Maintenant que nous sommes seuls, dites-moi un peu, monsieur, ce que signifie cette conduitelà? je ne te vois plus, tu n'as plus confiance en moi... ce n'est pas bien, cela me fait de la peine... est-ce que tu ne m'aimes plus, Ludovic?

LUDOVIC

Quelle bôtise! est-ce que je dis ça?

CAMILLE

Tu aurais tort, vrai ! Moi, vois-tu, je t'aime toujours comme autrefois, et même beaucoup mieux; car, alors, la vanité, l'ambition... mais aujourd'hui que je suis riche, ce que j'ai là, pour toi, ce n'est pas une attache de passage, c'est du solide !

LUDOVIC

Oh ! si tu vas faire un sermon.

CAMILLE

Voyons, monsieur, vous nie négligez, vous faites le mari... prenez garde... vous deviez venir hier au soir, vous me l'aviez promis, et je ne vous ai pas vu !

LUDOVIC

Ah bien ! j'ai oublié l'heure.

CAMILLE

Vrai? c'est que tu avais peut-être laissé ta montre quelque part... (Elle va à sa toilette.) avec la chaîne... |

LUDOVIC, à part.

Ah! mon Dieu! est-ce qu'elle saurait...

Tenez, monsieur, n'est-ce pas celle-ci ?

LUDOVIC

Ma montre!

CAMILLE, la lui présentant.

Prenez donc! je vaux bien le Mont-de-Piété, pour la reconnaissance.

LUDOVIC

Mais qui a pu te dire...

CAMILLE, la lui passant autour du cou. Est-ce là ce qui t'inquiétait?

LUDOVIC

Oh! ça... et puis autre chose.

CAMILLE

Mais enfin, quoi donc?

LUDOVIC

Apprends... que j'ai des dettes, qu'on me poursuit... qu'on veut me mettre à Sainte-Pélagie... (A part.) Là! coup sur coup! ça va plus vite !

CAMILLE

Des dettes, c'est impossible!... à moins «inu vous ne fassiez des folies ailleurs.

LUDOVIC

Allons, te voilà encore avec tes idées!

CAMILLE. I

Ah! j'ai droit d'exiger que vous m'aimiez sans] partage... Ce serait affreux !...

ACTK moisir. M F.

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