‹ Théâtre de Alexis de Comberousse, précédé d'une noticeChapitre 210 sur 764 · MARI · texte numérisé non relu

MARI

Prî's de vous, au contraire, J'ai du plaisir...

COLAUDI'T, à part.

Pas trop!...

M ai; IF.

Malgré cola J'aimerais mieux que mon Julien fût là.

COI-Al DICT.

Oh! alors, s'il était là... je serais un iioinme accompli, n'est-ce pas?... Par exemple, je crois bien que vous ne me parleriez pas plus qu'à... cette chaise.... mais c'est égal... Eh bien ! moi, puisqu'il en est ainsi, je veux absolument vous le faire oublier... vous ne pensez pas que cela soit possible... hein?

MAniE, embarrassée.

Mais, monsieur...

COI. \ un F. T.

Dites vite que non... allez, ça ne me fâchera pas, au contraire... (A part.) Pauvre enfant! elle l'aime bien !

SGÎ^NE VII.

Les Mémfs, BARDOU.

Il A r. 1)0 u , paraissant à la porte du cabinet de Coluudet, un violon à la main.

Monsieur Colaiulet... je voulais vous demander une chose.

COLAl'DEÏ.

Qu'est-ce que c'est?

BARDOU

En voilà-f-il assez de gammes?... j"en ai déjà fait cent quatre-vingt-treize.

COI. Al 11 ET.

C'est 1)011... et laisse-moi tranquille.

BARDOr.

Oui, monsieur Colaudet. (Il pose lo violon sur la table à gauche.)

COLAUDET, à Marie, qui lait un mouvement pour se dérober aux regards de Bardou.

Ne craignez rien ; c'est un garçon qui m'est tout dévoué... un peu simple, mais honnête.

BARDOU, à part, reconnaissant Marie.

Oh ! ciel de Dieu!... c'est la jeunesse d'en face... Quelle anecdote!

COLAUDET, à Bardou.

Pas un mot de ce que tu vois.

BARDOU

Oui, monsieur Colaudet.

COl.Al DFT.

Tu m'entends?

BARDOU

Oii, monsieur Colaudet. (On sonne à la porto du fond.)

M \RIE, se rapprochant avec efiVoi de (>olaudct.

Ah! mon Dieu!

COi.AiDET, avec impatience.

Allons, quel(|u'un... On ne peut pas avoir un moment de tranquillité... (A Marie.) N'ayez pas peur... (Lui montrant la chambre à droite auprès de la fenêtre.) liiitrezvite ici avec moi... c'estla chambre que je vous destine... Toi, Bardou, vois qui c'est... tu viendras me prévenir. (Marie entre dans la chambre.)

lî ARDOU.

Oui, monsieur Colaudet.

COLAUDET, d'une voix ctoiiirée.

Ne dis donc pas monsieur Colaudet... si on t'entend, comment veux-tu dire que je n'y suis pas? (U entre dans la chambre.)

BARDOU, seul.

La petite d'à côté, ici... et moi qui faisais lit, ré, mi, fa, sol pendant ce temps-là... Quelle faute!... (On sonne encore. Sans bouger.) Il paraît fjue c'est quelqu'un qui cst^ pressé... Ah! elle est ici I... eli bien! il faut que j'en profite!... que je lui parle, et que je lui offre ma protection contre ce Julien qui la fait gémir, qui est très-fort sur le violon, et que je ne peux pas sentir. (On sonne plus fort.) On y va... on y va... (Avec humeur.) Qui est-ce qui sonne comme ça, donc? (Il ouvre.)

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