‹ Théâtre de Alexis de Comberousse, précédé d'une noticeChapitre 212 sur 764 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

BARDOU, COLAUDET, M. DE BRINVILLE.

COLAIDET, sortant dci la chambre, à lui-inêmi'. Je suis enfin parvenu à tranquilliser la puvivre enfant.

I) K li n 1 \ v I L L E.

C'est lui :

COLAUDET, àBardou.

Toi, va faire des gammes... et prends garde à tes jambes.

liA RDOt.

.l'en ai déjà fait cent quatre-v...

Fais des gammes, ça rend très-fort... et ça donne de la grâce... \a, mon garçon.

RAUDOU.

Il est inouï, cet homme, avec ses gammes. (Il prend son violon et sort par le second plan à gauche.)

SCKNK \[.

COLAUDET, M. DE BRI.W ILLi:.

COLAUDET.

l'ardon! monsieur; maintenant je suis ù vous.

DK liRIN VI LLE.

Eli quoi! mon cher Colaudet, vous ne me reconnaissez pas?

Comment cela? Attendez donc... est-ce que vous

seriez?... Non, cela ne se peut pas... mais si... c'est Adolphe de Brinville.

DE BRINVILLE.

Lui-même.

COLA L DET

Est-il possible!... Ah! que je suis content de vous revoir, mon bon ami... depuis vingt ans que nous ne nous sommes vus... Je parlais encore de vous ce matin, car je n'ai pas oublié notre vieille amitié.

Vous voyez que j'en ai aussi gardé le souvenir.

C'est bien gentil à vous... Ah! mon cher ami, comme vous êtes ratatiné! mon Dieu, mon Dieu!... mais donnez-moi donc des nouvelles de nos anciens camarades de plaisir... du baron de Givet, notre inséparable... Qu'est-il devenu?

DE BRIN VILLE

Depuis longtemps, je ne le vois plus.

COLAUDET.

Vous êtes brouillés... Ah! tant pis... un si bon vivant... Et vous, farceur... en avez-vous fait, hein?

DE BRINVILLE, avec Contrainte.

Oh ! ne parlons pas de cela.

COLAUDET.

Pourquoi donc?... ça rajeunit, ça ragaillardit... Je n'allais pas trop mal non plus, dans ce tempslà, quoique je fusse le moins mauvais sujet... le moins sacripant des trois... Que je suis content de vous revoir!... Quels gaillards nous faisions!... vous, surtout!... Oh! d'une hardiesse qui allait jusqu'à l'effronterie... En avez-vous fait!... Vous rapi)elez-vous ce jour où vous nous fîtes entrer dans un couvent de religieuses?... de béguines, je crois?... et votre aventure avec cette jeune Française... elle se nommait... attendez donc... elle se nommait...

I) E r. Il I \ \ I L L E , embarrassé.

Qu'importe?

COLAUDET, se rappelant.

J'y suis... Éléonore deRouval!... c'est à l'église que vous avez glissé votre premier billet doux... et puis après vinrent les réponses, les rendezvous... c'est à moi que ces lettres étaient remises.

DE BRINVILLE.

Effectivement... (A part.) U y vient de luimême.

COLAUDET, gaimeiil.

Ca faisait bien rire ce diable de Givet... qui, coiuiiie moi, était dans la confidence.

DE RRIMVILLE.

Oui, et je venais...

COLA l DET, rinlorroiiii)aiil.

.Mais, ditcs-iiKii doue roinnieiit cette histoire a fini?... j'ai quitté Rome avant le dénouement... je sais seulement qu'à cette époque la jeune personne était compromise.

LK VIOLON DK L'OPÉMA.

DE URli\ VILl. E.

J'ai du oublier ces folies de jeunesse... et...

A propos, vous ne m'avez pas encore demandé si j'avais continué la musique?

DE BHIN VILLE.

Je le sais.

(.01, \l DET.

Vrai!... ma petite réputation musicale est parvenue jusqu'à vous?... eh bien, j'en suis enchanté... Mais vous, mon bon ami,qu'avez-vous fait?... quel état avez-vous embrassé?... car vous avez dû embrasser un état... (Gaiment.) On n'embrasse pas toujours... Qu'ôtes-vous, maintenant?

DE BRIN VI LLE

Je suis chevalier d'honneur de Son Altesso.

COLAL DET.

Vous!... mais c'est magnifique, c'est superbe!... (Appuyant davantage avec stupéfaction.) Mais c'est magnifir[ue, c'est superbe!... et qui donc a pu vous faire obtenir, bon Dieu?...

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