‹ Théâtre de Alexis de Comberousse, précédé d'une noticeChapitre 236 sur 764 · JI LU N · texte numérisé non relu

JI LU N

Comment se fait-il?...

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LE VIOLON DE L'OPÉRA

COLAUDET.

Par exemple, ceci ne te regarde pas... contentetoi de saluer M. le comte do Brinville (Il le présente.) qui t'a fait sortir de prison.

DE it n I N V 1 1. 1. V.

Et qui vous dote de cinquante mille francs.

JULIEN

Ali ! monsieur le comte.

COLAUDET.

C'est gentil, ça... (Bas à de Briuvillc.) Je suis content de vous.

BARDOu , à part.

Ça commence à opérer... mais c'est bien gênant...

coi.AiiDET, à Julien.

Maintenant, remercie madame de Brescieux qui t'a fait enfermer.

MADAME DE BRESCIEDX.

Et qui se charge du trousseau de la mariée. MARIE, s'avaiiçant vers madame de Brescieux qui fait un pas pour la recevoir.

Ma bonne marraine !

MADAME DE BRESCIEUX, émuR.

A une condition... c'est que Marie considérera toujours ma maison comme la sienne, qu'elle y viendra souvent.

MARIE

Ah! bien volontiers... je suis sûre que mon bon père ne s'y opposera pas. (Elle caresse Colaudet.)

COLAUDET.

Moi, par exemple... je commence à trouver que le métier de père a bien ses charmes. (Regardant Bardou.) Qu'est-ce que tu as donc à te tenir raide comme ça? Quitte ta position... il ne faut pas toujours travailler.

BARDOU

Rien, rien... c'est un philtre que je me permets, ça me coûte cent seize sous, ça, voycz-Tous. MARIE , à Cokiidet.

Il me semble que quelque chose m'attirait vers vous... et que mon cœur vous avait deviné... la première fois que je vous ai vu.

COLAUDET.

Parbleu! rien de plus simple... c'est la voix du sang, ma fille.

BARDOU , à p:irt.

Ah! c'est étonnant, cet effet-là!... je ne l'aime plus du tout, du tout, je suis guéri! ma parole sacrée... les médecins, à présent, sont adroits

comme des singes. Je peux maintenant vaquer à mes aflaires.

COLAUDET, prenant Julien et Marie sous son bras.

Un mot, mes enfants... nous venons de contracter les uns envers les autres de petits engagements qui seraient fort drôles, s'ils n'étaient pas diablement sérieux... (A Marie.) Car il n'y a pas à dire, je suis ton père. (Regardant madame de Brescieux.) Un peu malgré madame la comtesse, mais ça ne fait rien ; pourtant, il ne faut pas croire que si, jusqu'à présent, je n'ai pas eu l'air de m'occuper beaucoup de toi, il y ait eu de ma part quelque... du tout... j'avais des motifs... tant qu'on se regarde comme garçon, parbleu! la musique, les dominos au café do l'Opéra, c'est terrible!... on oublie... on ne pense pas assez à ses enfants généralement!... on n'y songe même quelquefois pas du tout. (A M. de Brinville.) N'est-ce pas, monsieur le comte?... Mais quand on les retrouve, ah! diable! diable!... alors, on sent qu'on a un cœur. (A madame de Brescieiis.) N'est-ce pas, madame la comtesse?... une fille... un fils... c'est-àdire une bru... non... un gendre... ce n'est pas encore ça... je ne sais plus où j'en suis... et enfin, tout ce que j'ai... tout ce que je possède... mon travail, mon papier de musique... mon violon, ma vie... tout ça est pour vous.. .Voilà, mes amis, ce que je voulais vous dire... je suis tout ému.

MADAME DE BRESCIEUX, à Colaudel .

C'est bien.

COLAUDET, à madame de Brescieui.

Tant mieux! je suis content que vous soyez bien aise. (Au public.) Et vous, messieurs, n'oubliez pas que nous sonmios tous musiciens, plus ou moins.

AïK : Amis, voici la riante semaine.

Par vos accords fêtez leur m.ariage...

Mais, quand un homme organise un concert , Il a le droit de choisir, c'est l'usage. Les instruments dont l'orchestre se sert. Depuis r canon jusqu'à la cornemuse , J' les admets tous, mais par un vœu formel, Il en est un... un seul que je récuse, C'est... eh! messieurs, vous devinez lequel, Sans le nommer vous savez bien lequel.

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