I.à, tout sourit, rougit, comprend
Comme au siL-n.il do : l'uitvz (truies.
lU
LA FILLE MAL ELEVEE
DESORMES.
Eh! qu'importe, si le régiment remplit bion ses devoirs.
Tout ce que vous voudrez... pour ma part, je redouterai toujours moins un défaut bien visible que la plus légère imperfection cachée.
DESORMES.
Et pourtant mon autre nièce, cette étourdie de Fanny, qui vous laisse voir tous ses défauts en cinq minutes, vous plaît encore moins que sa cousine.
RAYMOND, vivement.
Qui vous a dit cela?... Mademoiselle Fanny certainement mérite bien que...
Oui, oui, mérite bien qu'on trouve jolie sa petite mine espiègle... mais c'est tout... (Jouant.) Ah! je vous souffle.
itAYMOxn, se remettant vivement à son jou, et poussant une dame.
Oh!...
DESORMES.
Comme cela, j'en prends deux... vous n'y êtes plus du tout, mon ami.
C'est que vous me supposez des idées si bizarres...
DESORMES.
Ah! je donnerais bien des choses pour que Fanny eût été élevée comme Léonie... elle est d'une légèreté, d'une inconséquence... pauvre petite! ce n'est pas sa faute... élevée au fond d'une campagne par sa bonne femme de mère...
RAYMOND
Eh ! mais, c'est bien déjà quelque chose.
DESORMES.
Je ne dis pas non... mais enfin, entre ses mains, sa fille est restée telle que la nature l'a faite. RAYMOND, vivement.
Et c'est très-bien.
D E s 0 R M E s , arrêtant le bras «le Raymond. Non...
RAYMOND
Comment, non?
Non... je veux dire que vous jouez ma dame au lieu de la votre... Tandis que Léonie, avec sa fortune, son éducation...
Je ne trouve pas que mademoiselle Fanny ait rien à lui envier.
DESORMES.
Allons! vous n'êtes pas franc... vous croyez que
je cherche à marier mes nièces, et comme vous ne j
voulez ni l'une ni l'autre... vous faites semblant ;
de voir des défauts à celle qui vous conviendrait, | et de trouver parfaite celle qu'on ne peut vous
offrir. I
RAYMOND
Je vous assure, Desormes, que vous ne m'avez jamais plus mal compris, et je voudrais être assez heureux pour que mademoiselle Fanny...
DESORMES.
Bah! l)ah!... vous la reprenez toujours, et la grondez sans cesse.
RAYMOND
Cela prouverait-il qu'elle ne m'intéresse pas?
DESORMES.
Laissez donc !
SCtNE IL
Les MÊMES, ANNETTE.
DESORMES, se retonrnant.
Eh bien!... qu'est-ce que c'est, Annette?... ces
dames reviennent-elles du bal?... (Il regarde à sa
montre.) Minuit moins cinq minutes.
ANNETTE
Eii! non, monsieur, pas encore... c'est une chose importante que je voudrais dire à Monsieur.
DESORMES.
Eh bien, quoi?
Suis-je de trop ?
ANNETTE
Non, monsieur... il ne peut pas y avoir trop d'hommes dans l'hôtel , avec les dangers que nous courons.
DESORMES.
Nous courons des dangers?
ANNETTE
Je crois bien... quand on habite une maison isolée comme la nôtre, au bout du monde, rue de Courcelles.
DESORMES.
Qu'est-ce que cela veut dire?
ANNETTE
Cela veut dire, monsieur, que nous avons bien peur tous à la maison ce soir.
DESORMES.
Peur de quoi?
ANNETTE
Monsieur ne sait donc pas ce qui s'est passé dans la ruelle voisine, il y a quelques jours? DESORMES, riant.
Quoi!... parce qu'on a démeublé une maison la semaine dernière... (peut-être un pauvre diable qui avait envie de déménager sans l'agrément de son ])ropriétaire), vous n'allez plus rêver que pillage... incendie?
ANNETTE
Monsieur... cette nuit encore, plusieurs personnes ont cru entendre des voleurs... et pendant toute la journée... Bertrand vous le dira comme moi.
.\iR : Adieu, je vous fuis, bois ehm-mant.
D' mon esprit je n' puis les chasser; .T'ai vu... ce n'est pas des fulies,