‹ Théâtre de Alexis de Comberousse, précédé d'une noticeChapitre 275 sur 764 · ACTE DKUX1KMI · texte numérisé non relu

ACTE DKUX1KMI

l'ant de caiidour me touche et me désarme ; D'un doute affreux je suis environné, I.a vérité pour moi n'a plus de trace... Kt malgré moi j'excuse, je fais grâce,

Lorsque tout autre eût condamné.

Oui , quand tout autre eût condamne.

\n;is devez me trouver bien feu.

Comment'?... parce que vous me jugez un peu moins mal qu'à l'ordinaire... Kh bien! monsieur, c'est aimable... mais n'importe, je ne vous en veux pas... c'est à moi que j'en veux de vous chagriner, de ne pas venir à bout de mon caractère... car il ne faut pas croire au moins que je ne tâche pas de me corriger. Vous me direz que cela ne parait guère, et cependant... c'est que tout le monde aussi n'est pas raisonnable à votre manière... quand je vois blâmer les choses les plus simples, les mouvements les plus naturels... ça nicdtpite, et malgré moi...

n AYMO^D.

Mais vous ne voulez donc pas comprendre qu'il est de certaines démarches que chacun, sans être méchant, peut mal juger... mal interpréter... il en est même qui ont des apparences telles, que riiomme le plus indulgent ne peut quelquefois s'empêcher de les croire coupables.

Coupa) il »•'■ !

llAYMOND, lui prenant l.i main.

Cette nuit... au moment du coup de fusil, je suis descendu, et j'ai vu...

FA\NY, émue.

Quoi donc, monsieur?... qu'avez-vous vu?

Tne jeune fille... conduisant par la main un jeune homme, et cherchant à le faire évader. FANNY, à part.

Oh! mon Dieu! s'il allait s'imaginer que c'était pour moi que M. Ernest... Ah! mais je ne veux pas... je neveux pas de cela... (Haut. )*Ionsieur liaymond... il faut absolument que vous sachiez... ah! oui, il le faut... (A part.) Ah! que vais-je faire?... c'est le secret de Léonie.

li A Y M 0 ^ I).

Parlez, parlez, mademoiselle... oh! je suis digne de cette marque d'estime... je la mérite au moins par mon affection désintéressée.

I ANNY.

Kli bleu! je... je rélléchis... j'ai eu tort... je n'ai pas le droit... je ne puis rien dire...

Il suflit... la confiance ne se commande pas. FANNV, à part.

Allons, le voilà persuadé maintenant... Oh! je suis l)ien malheureuse!... (Haut.) Monsieur I\aymond, vous me croyez coupable, je le vois... oh! oui, je le vois... eh bien ! non, je ne le suis pas... ce qui vous paraît une faute n'est encore (|u'nne

inconséquence oh! bien grave, i)nisqu'elle a

pu vous faire douter de moi; mais...

Air : Je vais revoir nia Normandie.

.Si quelque funeste apparence De mes amis glaçait le cœur, Et me privait d'une indulgence Où j'avais placé mon bonlieur; A celle, enfin, qui vous implore, Si le soupçon fermait leurs bras... .

Attendez, attendez encore.

N'y croyez pas , n'y croyez pas.

RAYMOND, avec doute et émotion.

Mademoiselle... certainement... il me serait bien pénible... mais quand vous seriez justifiée à mes yeux... cela ne suffirait pas encore.

FA\N Y

Comment... que dites-vous?

r.AYMO\D.

Une autre pcr .sonne a été témoin. .

FANW.

Une autre...

RAYMOND

Oui, Annette... elle vient d'eu faire le rapport à votre tante.

FANN Y,

Annette... ma tante... allons, toute la maison... (A part,) Oh! mou Dieu! et si on vient à découvrir où je l'ai caché... c'est pour le coup... il ne faut pas qu'il y reste un seul instant de plus... (Haut.) Monsieur Raymond... |A part.) Pour cela je puis le lui dire, ça ne compromet que moi... (Haut.) Vous allez me gronder bien davantage... n'importe...

RAYMOND

Oh! non, mademoiselle... à présent je ne vous gronderai plus... je vous plaindrai... dites.

FANN Y.

Apprenez donc que... (Apercevant sa tanlo.) Ma tante!... je reviendrai. (Elle fait un mouvement pour sortir. )

SCËNE Vil.

Lks Mêmes, MADAME DE PUANCEY.

M Ait A M F. DE l'RANOEY.

Restez, Fanny... Je suis bien aise de vous trouver là, monsieur Haymond... Vous n'êtes pas de trop pour ce que j'ai à dire à mademoiselle. FANNY, à part.

Quoi air .sévère! (Bas à Raymond.) Ah! monsieur Raymond, vous aviez bien raison tout à l'heure. MADAME DE P R AN G E Y, continuant. Annelte vient de m'apprendrc qu'hier au soir il y avait bien réellement quelqu'un ici.

FAN NY

Ail! ma tante!... sur une parole d'Annotte...

MADAME DE P RANGE Y

Nous avons un autre témoignage que lo sien... ctc'est là-dessus que je voulais demander (pKtlques éclaircissements h. M. Raymond.

LA FILLE MAL ELEVKE

KAYMOM), passant entre Faïuiy et madame >lc

rranf;(^y.

Inutile, inu(hini(!... car je n'aurais rien h répondre.

MADAME DE l'KXNGEY.

Je m'y attendais... Annette m'avait prévenue... il suffit, monsieur, je comprends... Par bonté, par commisération, vous vous croyez obligé de garder le silence... mais le fait n'en reste pas moins prouvé, et j'exige à l'instant de mademoiselle un aveu complet et sincère.

FANNY, à part.

Mon Dieu! je ne puis pourtant pas accuser Léonic pour me justifier... (Haut.) Ma tante, nt; m'interrogez pas, je vous en prie... si je pouvais, croyez-le bien , je n'hésiterais pas à vous faire lire dans mon cœur... comme toujours.

MADAME DE PRANGEY.

Ainsi, mademoiselle, vous refusez!

FANNY, avec émotion.

Oui, ma tante.

RAYMOND, bas.

Héfiéchissez , Fanny ; votre silence ne peut que vous nuire.

FANNY, à part.

Kt lui aussi... qui veut que je parle... qui, si je me tais, va me mépriser... et ce jeune homme qu'on finira par trouver... que faire?...^

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