FA\XV
Oh! attendez, attendez.
DESOHMES, qui a parcouru la lettre.
Qu'ai-je lu ! (Léonie passe auprès de Desormes.)
EniVEST, à part.
Ah! enfin, voilà un des chers i)art'nts qui comprend... ce n'est pas malheureux.
Kh bien ! mon frère?
DE son M ES.
Pauvre Fanny, moi qui l'accusais...
LÉONIE
Ciel !
DE son M ES, à Léonie.
Il vous écrit: ma Léonie.
LÉONIE, qui a jeté les yeux sur le billet. Mon oncle, qu'allez-vous faire ?
DESOnMES.
J'aurai pitié de vous... tenez, mademoiselle. (Il lui rend le billet.)
LÉONIE, vivement.
Ah! merci, mon oncle. (Elle le déchire.)
MADAME DE PRANGEY.
F.h bien! vous (>''chirez ce billet, Léonie, pourquoi donc?... il faut qu'on sache...
LÉONIE, revenant auprès de sa mère.
Il faut de l'indulgence, ma mère... chacun en a hesciin.
MADAME DE PRANC. EV
Ce nest pas toi toujours, mon enfant... toi, m es parfaite... va, tu peux t'eti rapporter à ta mère... elle s'y connaît.
DESORMES.
Tia^iuond, vous voulez donc épouser Fanny ?
C'est mon plu» cher désir.
M son AIES.
Vous faites bien.
EANN Y.
Ah ! monsieur Raymond... mais non, mon oncle, non... je refuse son offre généreuse... c'est par compassion qu'il voulait... il ne m'aime pas.
RAYMOND
Ne pas vous aimer, Fanny, quand on vous connaît aussi bien que moi; et pourtant, il ne m'est pas permis de croire que vous puissiez partager mon amour.
FANNY
Et qui vous l'a dit?
RAYMOND
Eh ! mais ces dessins... où, dit-on, vous reproduisez sans cesse les traits d'une personne...
FANNY
Quoi! vous me croyiez légère, étourdie à ce point... et vous consentiez?...
RAYMOND
Oui, mademoiselle, parce que je vous estime... et que je me fie à la reconnaissance d'un bon cœur.
FANNY, comme hors d'elle-même.
Ah! vous êtes... oui, vous êtes digne de la réponse que je vais vous faire. (Elle prend son album des mains d'Annette qui était allée le chercher, et le donnant à Raymond.) Voici... il faut me pardonner encore.
RAYMOND
Quoi donc , mademoiselle ?
FANNY, ouvrant l'album.
Mais, d'avoir dessiné... bien souvent, un militaire... oh! toujours le même... et cela, depuis deux ans... le voilà.
Que vois-je! mon portrait!
TOUS
Son portrait !
ANN ETTE
Ma foi, oui...
11 A YMOND.
Mon portrait!
FANNY
Oui , le portrait du plus généreux des hommes. de celui que, depuis deux ans, j'aime sans le dire... et que je sens que j'aimerai toujours... (Elle se jette dans ses bras, et s'écrie en se retirant vivement:) Ah! mon Dieu! je crois que je viens de faire encore une inconséquence.
DESORMES.
Pour celle-là, il te la pardonne.
Oh ! parce qu'elle est pour lui... mais ce sera la dernière.
DESORMES.
I,a leçon a été assez bonne pour cela.