M ABU
Quand j' vous dis...
MADAME DAUBINET, à Madeleine.
Mais taisez-vous donc; voyons, ma chère Marie, voulez-vous rire...
Moi, manquer h madame! ah! Dieu; mais on a beau être attaché aux gens, il y a des choses qui sont trop suffocantes pour s'y soumissionner; avec ça, que j'ai toujours été dans des maisons que l'on avait bon genre... et oîi c' qu'on ne me traitait pas comme je n' sais qu'est-ce.
M A D E L E I N E, entre ses dents.
Oui, fais la belle parleuse, va... hypocrite.
M A lî 1 E.
Vous entendez.
MADELEINE
.le n'ai rien dit.
DAUBINET.
Elle n'a rien dit!
Hi A R I E.
Certainement, quand on a voulu me faire entrer ici, chez M. Daubinet, le gros bonnetier de la
ru(! des Marmousets, j'étais toute contente, c'est vrai; avec ça que je suis attachée à ce pauvre petit Isidore comme tout, quoi! il est si gentil, c'est le portrait de monsieur, et puis , monsieur et madame sont si bons... et M. Patouillet, votre cousin, qui m'a procurée à madame... un si bravo homme I
MADELEINE, à part.
Oui, monsieur l'embarras, qui se croit un savant parce im'il est garçon apothicaire.
M ABIE.
Mais vous n'êtes pas seuls, i)ar maliicur, et il n'y a pas moyen d'y tenir.
.\iK de Mnsmiiello.
On m' prive si bien du nécessaire
Que j' n'ai plus rien dans mon corset...
Moi qui, toujours sage et sévère,
Prends gard' qu'on n' fass' tourner mon lait.
Faut que d' son humeur je pfttisse ,
Mais on sait que de tout' façon ,
Les traits qu'on fait à la nourrice
Sont payés par le nourrisson !
C'était le déjeuner de monsieur.
Écoutez donc, nourrice.
MARIE
Oh! je sais bien que monsieur lui donnera tonjours raison... c'est son phénix... son bijou... je ne cherche pas pourquoi... je sais bien que ça fait causer dans la maison.