M A II I E
Dame! vous m'en parlez bien, vous!...
Olil niiii, c'est diffi'i'i'iil !
l.KS OKI X NorUllICKS.
niAniE, plourant.
Dame! si vous voulez me faire de la peine... Oh ! ça serait bien mal îi vous...
P ATOl I t.l.F.T.
Mais non!... voyons, tais-toi... ne pleure pas... je n'en ferai rien, petite veuve... mais à une condition, c'est que tu ne verras pas ce Grimoul. MA ni u, pleurant.
Dame...
PATOL'ILI.ET.
Je te préviens que je vais faire bonne sarde, et que s'il rôde autour de cette maison... MARIE, i part.
Vieux singe, va...
PATOl! ILI.ET.
Tu dis'?
MARIE
Je disque vous ferez bien... que je ne veux pas qu'il m'approche de vingt pas seulement. Je suis une honniHe femme, voyez-vous, et il aurait affaire à moi... (Grimoul entre par le fond et file vers la droite où il se cache; elle l'aperpoit.) Ah !
PATOt ILI.ET.
Hem ! s'il venait ici, tu me préviendrais tout de suite...
Tout de suite. (A part.) C'est lui î
PATOUILLET
Alors, je n'en demande pas davantage. (Tirant une loîte de sa poche.) Sans adieu!... tu resteras... tu auras les vingt francs de plus et le châle de mérinos.., et un ami bien sûr; mais je vais à deux pas d'ici... chez la lingère... porter cette boîte de pastilles. (Regardant la boite.) Ah! mon Dieu! celles que je t'ai données...
Eh bien!...
PATOIIIM.ET.
C'est que je me suis trompé; tu ne les as pas mangées, au moins!
MARIE
Eh! non, puisque c'est M. Daubinet.
PATOULLET, riant.
Ah! ah! ah! Daubinet... le cou... cou... cousin.
11 a tout avalé... (Grimoul lui fait signe de le renvoyer.)
PATOlilI.I.ET.
Des pastilles purgatives! tant mieux pour lui, ça lui fera du bien. (A Marie qui est occupée de Grimoul.) Qu'est-ce qui t'occupe là?...
r.ien! rien... c'est qu'Isidore a crié...
PATOUILLET
Que je ne te retienne pas! Ce clier cousin!... une boîte entière!... ça doit joliment le déranger de son service... Au revoir, et surtoutpas de visite... ]>as de Grimoul... fil '^'en va p.ir lo fouil.)
iNon, non!... enfin! il est parti, et ce pauvre garçon peut... (Grimoul va se montrer, il aperçnit l'atouillet qui revient et se cache vivement.) PATOLiLLET, embrassant Marie qui ne s'y attend pas. Adieu!... (Il rit.) Ah! ah!
MARIE, effrayée.
Ah! (Patouillet sort.) II est toujours sur vos talons!...
SCkNK XI.
GRIMOUL, MARIE.
Marie !...
Al A RIE, se jetant dans ses bras.
Grimoul ! c'est toi ! c'est bien toi ! ORiMOUL, l'embrassant.
Oh ! oh ! c'est nous deux... et si tu savais comme ça me fait du bien de l'embrasser... et pour Jacquot, [nof fieu... (Il l'embrasse encore.) Oh!... oh!...
MARIE
Il se porte bien ?
Il est tout farce, quoi! et mignon, mignon!... comme toi! (Lui prenant la taille.) Mais que je suis donc content.
Comment donc que t'as fait?... si on t'a vu!..
grimoi;l.
Sois tranquille ! je ne suis pas bête, comme tu sais. Oh! oh! la bourgeoise est dans son comptoir, qu'elle cause avec des commères... alors, je me suis fait mince comme tout, je me suis faufilé comme un lézard par la porte de l'allée, et ni vu ni connu!...
marie.
En ce cas, il n'y a pas de danger, monsieur est au corps de garde, et Madeleine, mon argus, s'en va au marché ; nous pouvons causer ! grimoul.
C'est ça... causons, ma petite femme!...
MARIE
Chut!... ne dis pas ce mot-l;\! Dieu ! si on savait que j'ai mon mari !...
GRIMO UL.
Je crois ben que tu l'as!... oh ! oh!
MARIE
Mais est-il fou, donc?
Dame ! il y a si longtemps... et je suis si aise, ça me coupe la respiration... Ah! c'est que j'ai pâti tout plein... Cette idée! ne pas vouloir d'une nourrice qui ait z'un mari... quelle bêtise ! C'est vrai que c'est diablement dur... quinze mois! aussi, vois, je maigris à vue d'œil... je devien.s bête... j'ai des idées noires, qui n'ont ni queue ni tète, quoi !...
MARIE, lui frappant sur le front.
Cepativre Grimoul!... petit ami, va!...
LKS DKl'X .\0I UlilCKS.
'\n]H' donr... tapo donc, ça fait du bien... Olil oli!
T'as donc vlv maliicunuix'?...
G ni M 0 l !..
("oinme tout... avec ça quej'ui toujours peur'.... y a tant de casuel dans c' gueux d' Paris... surtout quand on est gentille coinni' toi... Oli ! olil...
MARIE
Toujours jaloux!
Toujours, et qu'est-ce que c'est que cet olibrius ((i.i te parlait à l'oreille, je crois môme qu'il t'a mis un mot sur la joue... celle-là I... M An lE.
Laisse donc... un pataud que je déteste... il n'y a pas de danger...
Ah bon! oui, il teparlait de près toutde même... c'est qu'il ne faudrait pas qu'il s'y frottasse, au moins... il ferait connaissance avec ces patocheslà, qui ne sont pas tendres d'abord. Heureusement que ça va finir bientôt... quand tu auras rempli la tirelire...
Al A n I E.
(Ja avance. ..ça avance! ils aiment tant leur petit, ces gens-là... il faut \oir quand j' les menace de m'en aller...
(;ai 51 011..
^rai! comme ça, il est gros le magot... tu rançonnes toujours le bourgeois! nous avons déjà de quoi acheter la maison du père Valcntin, mais v'ià la celle du voisin Thomas qui est à vendre, et comme elle est plus belle, ça nous irait mieux!... l'appétit vient en mangeant! Oh! oh! il ne nous faut ])lus que vingt-cinq louis... (l(''pêch'^-toi d" los gagner.
MARIE
Je les aurai... encore deux mois, et ça y sera.
(; RIMOIL.
Va tu vi<'ndras à Saiut-\Ialo, mais deux mois... ça va me maigrir encore!... Oli! ob! dis donc... M A r. I E.
Tais-toi donc, tu vas r('veilI(M- roufaiit...
Gn iMor !..
Le petit bonnetier... il dort, et ])uis, il est sevré à peu près. frfV'nfoaç.mt daii.s uiifi bfrgére.) Tiens !... on est i)ien là! ça enfonce... c'est comme du coton... Marir'!... 'u lui monlro r.iiilip f.nilfiiil. ; M \ Il I I .
Quoi?...
G m MO II..
Histoire de caiisfr... du |)ays, vrai...
Du pays!... [ni.int.) Ili ! lii ! iii! bi !
GU nini I., ri ml.
Olil <ib ! <ili ! viens donc !...
SCÈNK M I.
Les MÊMES, MADELEIISK. Elle entrp, so„ pjiiicr au bras, les apoiçoit et jette nn ci'i.
MADELEINE
Ail! pour le coup... (Elle se sauve.)