‹ Théâtre de Alexis de Comberousse, précédé d'une noticeChapitre 350 sur 764 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

LISïOU, seul.

La ! voici la pluie et le tonnerre à présent; il va être joliment arrangé. Cela lui est égal... il descend en courant au bord des précipices.. .je n'y conçois rien... si jeune, si intrépide... et si malin... malin comme un démon... c'en est peut-être un!... c'est possible! dans les montagnes surtout où il y a, dit-on, des farfadets, des esprits follets... et je le croirais presque , si ce n'était ces pièces de cent sous qui n'ont rien de fantastique, comme ils disent, et qui me rassurent complètement; trente francs pour passer une nuit sur une chaise, dans une cabane.

Mu : Un homme pour faire un tableau.

C'est qu'elle est ouverte à tout vent... Et cotte méchante chaumière

AVIS AIX COOl'KTTES.

N'ofTro rien de bien attrayant ; Il mo semble môrac, au contraire, Qu'il y sera joliment mal ; Et pour séduir' coUo qu'il aime, N' pouvant compter sur le local , Il faut qu'il compt' bien sur lui-mCmo! (Il met l'une après l'autre les pièces de cent sous ilans une bourse de peau.)

SCfc.MÎ IV.

LISTOU, ALFRED,

ALFRED, eulraut; il est tout mouillé.

Quel temps épouvantable!... impossililcde faire

un pas de plus ou de sonj^'er à retrouver Caroline;

il faut que je demande un abri dans cette maison.

(Frappant Liston siu- l'épaule.) Camarade.

LISTOU, laissant tomber sa bourse.

Au voleur!

ALFUED, riant.

Rassurez-vous! je ne suis point un voleur, et loin de prendre votre bourse, je vous offre la mienne si vous voulez me donner un gîte. LISTOU , à part.

Oh! la! la!... c'est bien pis qu'un voleur! rolTicier que je croyais au diable!

ALFRED, le reconnaissant.

Le garçon de l'hôtel!... dites donc, mon gaillard, vous m'avez drôlement indiqué le chemin. LISTOU, à part.

Trop bien encore! qu'est-ce que je vas en faire à présent de c't' homme? (Haut.) Je suis sûr, monsieur, que vous vous êtes égaré.

ALFRED

Parbleu! vous m'apprenez k\ quelque chose de nouveau; mais à qui la faute?

LISTOU.

Je vous avais bien expliqué pourtant...

ALFRED

Joliment! toujours à gauche, m'as-tu dit.

LISTOU.

C'est vrai !

Et à gauche, il n'y avait que des précipices,

LISTOU, à part.

J'ai voulu trop bien faire,

ALFRED

As-tu rencontré ces dames? sais-tu où elles sont?

LISTOU, vivement.

J'allais partir au-devant d'elles, et si vous voulez venir avec moi..,

ALFRED, à part.

Décidément, ce garçon n'est pas franc! il m'a perdu à dessein, et maintenant il veut m'éloigner; raison de plus pour que je reste, (Haut,) Eh bien, qu'as-tu donc?,., tu allais partir à la découverte, que je ne te retienne pas, cela te vaudra une bonne récompense.

LISTOU.

Oui, monsieur; mais vous laisser seul ici.

ALFR KD, s'asscyant.

N'as-tu pas peur qu'on vole le mobilier?

LISTOU.

('«i m'est égal, il est assuré; mais vous mourrez de faim.

ALFRED

Je fumerai un cigare!

Et dormir?

ALFRED

Je ne dors jamais. (Avec impatience.) Ainsi , je te répète, va-t'en.,, ou je penserai que tu t'es joué de moi, et je te jette alors dans le premier précipice, LISTOU, à part.

Est-il brutal et entêté! (Haut,) Je m'en vais. (A part.) Faut avoir l'air de m'en aller, ça le décidera peut^ôti'e à en faire autant. (Haut.) Je m'en vais, monsieur, vous le voyez bien, (Il sort par la porte du fond.)

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