‹ Théâtre de Alexis de Comberousse, précédé d'une noticeChapitre 367 sur 764 · ACTE PIIKMIEU · texte numérisé non relu

ACTE PIIKMIEU

pnur avoir dit du mal des dames de la basoche, je me trouvai inspecteur du pavé de Paris, et dépourvu de pièces de cent sous... Je pensai alors à ma famille, et j'allai me remettre aux crochets de la marmite paternelle... Je végétais; mais enlin, je vivais ot je llânais, lorsqu'un beau jour d'automne où il pleuvait très-fort, l'auteur de mes jours, surchargé de progéniture, me tint à peu près ce langage : « Crépu aîné,., (car je suis « le premier né de la famille) Crépu aine, mon Il fils chéri, tu es rempli d'aimables qualitiis, mais <i tu manges trop... » Là-dessus, il me donna neuf francs et sa bénédiction , et me mit à la porte. Muni de ces ressources, je revins dans la capitale des beaux-arts et de la civilisation, crotté comme un caniche... J'étais heureusement porteur d'une physionomie charmante et d'une lettre de recommandation, au moyen desquelles je fus reçu comme commis chez un fourreur de la rue aux Ours. Me voilà donc dansla fourrure jusqu'au cou, mangeant du bouilli à discrétion, et maigrissant tous les jours... J'avais un physique pâle et intéressant, la beauté de ma chevelure surtout était devenue proverbiale; toutes les femmes du quartier voulaient de mes cheveux.

nAMMBEKT.

Comment ! de tes cheveux? mais il me semble que tu as un toupet.

Oui, oui, un peu au milieu, seulement... depuis, cher ami ; mais alors... je te le répète, toutes les femmes voulaient de mes cheveux... on s'arrachait mes cheveux... C'est justement pour ra que... enfin n'importe... mes succès prodigieux auprès de la plus belle moitié du faubourg ne faisaient nullement le compte de la bo«irgeoise... car il y avait une bourgeoise, une de ces femmes longues et nerveuses de la nouvelle école qui me menaça de me donner un coup de couteau de cuisine, si j'avais le malheur de parler à une femme au-dessous de quarante ans... Cette femme insipide, cette femme sans aucune espèce d'agrément personnel, c'est Eudoxie, aujourd'hui ma légitime.

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