‹ Théâtre de Alexis de Comberousse, précédé d'une noticeChapitre 374 sur 764 · FRÉDÉRIC, CRÉPU · texte numérisé non relu

FRÉDÉRIC, CRÉPU

FRÉDÉRIC

l Tiens... vous étiez là, monsieur Crépu?... CRÉPU, assis sar le bras du fauteuil.

Oui, j'étais occupé h dormir...

FRÉDÉRIC

Ah! je suis bien fâché de vous avoir dérangé de vos occupations... C'est moi qui vous ai n''veillé?...

CRÉPU , descendant.

Le fait est que je faisais un très-joli rêve... il y avait là, à cette place... à côté de moi, une jeune beauté de dix-huit à dix-neuf ans à peu près, sage, mais pas trop sévère... ça allait déjà bien, mais trèsbien... par malheur vous avez parlé trop haut, et elle s'est évanouie, évaporée, comme mademoiselle Taglioni dans la Sylpliide...

FRÉDÉRIC, à part.

Il nous a vus!,.. (Haut.) Ah! c'est bien désagréable...

Oui, c'est taquinant...

FRÉDÉRIC, à paît.

Il faut pourtant que je l'empéchc de jaser... (Haut.) J'étais venu dans l'intention de rendre ma visite à madame Crépu...

i CRÉPU.

Mille fois trop bon...

FliÉDÉn ic.

, Et en traversant cette salle , j'ai rencontré madame Dalimbert, à laquelle j'ai présenté mes hommages...

CRÉPU

Très-bien, très-bien... les dames aiment beaucoup les honunages.

Je sais qu'elle ne peut pas me sontTrir; mais, quand on a reçu quelque éducation...

Certainement, il faut être poli... c'est un devoir... je sui-^ môme sur que c'est un plaisir pour vous.

F R É D ÉRIC

D'autant plus que je n'ai aucun motif sérieux de lui en vouloir...

CRÉPU

Je ne vois pas au fait pourquoi vous lui en voudriez...

Et mémo, comme cette dame est de mon pays, je n'hésiterais pas, s'il le fallait, à me déclarer son champion... son chevalier...

CRÉPU

Je vous crois, mon jeune ami... des chevaliers français... (A part.) Qu'est-ce qu'il a donc?

FRÉDÉRIC

Oui... si, par exemple, quelqu'un trouvait un malin plaisir à tenir un propos qui pût nuire à sa réputation...

CRÉPU

Oui, par désœuvrement...

FRÉDÉRIC

Ou par médisance.

CRÉPU

Le monde est si méchant!

FRÉDÉRIC

Eh bien ! je me croirais obligé de lui donner une bonne leçon de discrétion...

CRÉPU

Je comprends, je comprends parfaitement... Quand on est du même pays...

FRÉDÉRIC

Quand on a été élevé ensemble...

C'est si naturel!...

FRÉDÉR ic, à part.

Je suis sûr qu'il ne parlera pas... (Haut.) Au plaisir de vous revoir.

CRÉPU

Trop aimable...

FRÉDÉRIC

Mes hommages à madame...

CRÉPU

Soyez sûr que je n'y manquerai pas, jeune homme...

FRÉDÉRIC, à part.

Ne songeons plus qu'au moyen de la voir ici, pendant le bal. (U sort par le fond.)

se EN F VÏII.

CRÉPU, .seul.

Au plaisir de ne plus vous revoir, à l'avantage de vous c[uiltcr! J'ai parfaitement conçu ses arguments; mais n'importe, j'ai des devoirs à rem-

LA IJSTK DKS .\(JTABLKS.

plir et je les ronii)lir;ii... l'iiistoiicn doit iMre impartial. Ce sont, des gaillards comme ce petit Fivdi'iic, qui sont la providence de ma liste... pourtant, si je m'étais trompé... Ce jeune-france pourrait se porter à dos extrémités fâcheuses... Kli bien! mettons-y de la générosité... ajournons Daliinbert... c'est donuiiage, pourtant... car la journée n'a pas été bonne aujourd'hui... ce n'est pas comme celle d'hier... voilà, six heures, et pas encore un seul nom à inscrire. (Voyant entrer Virginie.) Ah! voici ma providence...

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