SCÈNE XII
VIRGINIE, seule.
Ah! Fréd«'Tic est à Paris... et il n'est pas venu nie voir!... moi qui avais la bonté de le plaindre, qui passais les nuits, qui me périssais les yeux pour lui broder une paire de bretelles!... je les donnerai à Auguste... Oh! non, non... ça serait dommage de lui faire une infidélité... Je veux tMre sage... sage comme une grisette... il ne faut pas s'élever au-di'ssus de son état... Comme il est joli garçon, mon Frédéric!... les mains bien blanciics, les cheveux bruns, avec une petite barbiche... ça pique un peu; mais c'est égal, c'est gentil!... Je me souviens encore du premier jour de notre connaissance... sa fenêtre était en face de la mienne, et, toute la journée, il jouait si bien, sur sa guitare, la romance du Pré aux Clercs, que ça m'en donnait des pal|)itations... Comment lui fermer mon cœur?... tout ce que je pouvais faire, c'était de lui fermer ma porte... Par malheur, on travaillait dans la maison, l'éclnfaudage restait la nuit, et un beau jour... c'était la faute des maçons... ce n'était pas la mienne... (En ce moment, la fenêtre de droite s'ouvre violemment ; Frédéric saute dans l'appar-
tement. Effrayée.) Ah! mon Dieu! qu'est-ce que c'est que ça?