‹ Théâtre de Alexis de Comberousse, précédé d'une noticeChapitre 411 sur 764 · SCÈNE VIL PAUL, seul · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL PAUL, seul

Maintenant attachons notre corde et regrimpons. (Il va au balcon.) C'est qu'il ne s'agit pas de perdre mon temps et de manquer ce soir il Barbiers di Siviglia. Oh ! il Barbiere ! ma pièce favorite ! (Il chanle le cantabile d'Almaviva sous les fenctres de Rosine.) C'est pourtant à, une représentation de cette pièce que j'ai fait de l'œil la première fois à

la dame pour laquelle j'ai attrapé un petit coup de soleil soigné, tout de même; car son souvenir est toujours là... que ça me pèse... comme une ration et demie de pain de munition. Aussi, cette bêtise! d'aller me torquer le cœur pour une dame à |)anache et à camisole de satin... un colleur de papier faire le papillon... aller se brûler... à une grande dame!... Ah! c'est que les grandes dames, c'est si gentil ! si mignon ! si chatouillant aux lumières! Les toilettes, le gaz, les instruments, les odeurs, tout ça vous monte à la tète, vous émoustille ben autrement que du vin à quinze et môme à vingt-cinq... C'est p't-être ben un peu ça qui m'a passionné, ensorcelé tout à fait per la musica italiana!... Les grisettes, les fillettes, les fanchon nettes! qu'est-ce que c'est qu'tout ça à présent'? je ne peux pas môme les regarder... Je me perds décidément... ma parole d'honneur, je me perds... Eh ben! ça m'est égal; après tout, ça n'fait d' mal à personne et ça m' fait plaisir; d'ailleurs le colleur est original, c'est dans sa nature, c'est dans l'état. On vient... à la besogne, et vivement. (Il disparaît par le balcon.)

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