I. \ DUCHESSE
Peur?...
DONA CAlinni A.
Je t'en réponds.
LA DUCHESSE
Et de quoi ?
DONA CABRERA
D'un jeune homme.
Ah!...
DONA CABRERA
Ou plutôt d'un démon, car il n'y a que rennemi du genre humain qui puisse s'attaquer ainsi à um; femme comme moi.
LA DUCHESSE
Et où était ce jeune homme... ou ce démon?
DONA CABRERA
Sur le mur du jardin, tout debout!... Il a au moins si.x pieds.
LA DUCHESSE, souriant.
Oh!...
DONA CABRERA
I Figure-toi que je me promenais tranquillement sous les grands citronniers, mon livre d'heures à I la main, quand tout à coup je l'aperçois : il I s'élance, tombe devant moi, se relève, me lance I un regard flamboyant, fait une grimace épouvantable... et disparaît.
LA DUCHESSE
De quel côté?...
DONA CABRERA
De quel coté?... Eh! bon Dieu, est-ce que je le sais? J'avais une telle frayeur que je n'ai songé qu'à me sauver, et je me suis bien gardée ditourner la tète!...
LA DUCHESSE, à part.
Je devine!... c'est lui!... il est là!... (Elle indique le cabinet. — liant.) Pauvre tante!...
DONA CABRERA
C'est ta faute aussi !... Quitter la cour sans rien dire à personne, sous prétexte qu'il sera plus convenable d'attendre dans ton château d'Ascoli le moment lixé pour ton mariage avec le marquis de Santa-Crux!... Quelle folie!... Deux femmes seules!... s'exposer...