‹ Théâtre de Alexis de Comberousse, précédé d'une noticeChapitre 474 sur 764 · SCÈNE IIL · texte numérisé non relu

SCÈNE IIL

DE MELHKUT, STELLA, puis FRIEDLIN.

MELiîF.irr, allant aii-di'vanl de Stella. Machùrc Stella!

STK LI,A.

Vous ici, monsieur!... que je suis contente de vous voir!... JY'tais si triste ce matin on quittant la ville de n'avoir pu vous dire que ce n'est pas moi qui vous ai refusé; on n'est seulement pas venu me consulter ! j'aurais bien vite répondu. . oui !

Ah! coml)ieu cette tendresse si naïve ajoute à mes regrets !

STELLA

Jugez de mon chagrin quand j'ai su tout ce qui s'était passé, et que nous allions partir pour la campagne du prince... Le prince!... il est bien bon, sans doute, et bien aimable... mais je ne sais pourquoi je me sens tout embarrassée en sa présence... Ah! ce n'est pas comme avec vous... Mais pourquoi madame de Liebnau a-t-elle refusé la main d'une pauvre orpheline à un homme d'un grand talent, premier ministre, enfin ?

MELBERT.

Peut-être ne le serai-je pas encore longtemps... mon défaut de naissance nous a perdus... Elle ne me pardonne pas une élévation que je ne dois qu'à moi-même. Vous êtes alliée à madame de Liebnau, vous, et comme son époux, elle est sans doute aussi d'une trop grande famille!...

STELLA

Madame de Liebnau?... Mais je ne sais pas... je ne lui ai jamais entendu parler de ses parents, ni à M. de Liebnau non plus...

MELBERT.

Oh!... cela va sans dire... Mais, Stella, il est possible que je quitte bientôt ce château, et pour n'y plus revenir.

STELLA

N'y plus revenir!...

MELBEUT.

Je dois m'attendre à tout; dans peu d'instants, mon sort va se décider; une première entrevue avec le prince m'apprendra peut-être une disgrâce. Je souffrirais trop s'il fallait m'éloigner sans vous revoir... Si je dois partir... un mot de moi vous demandera un moment d'entretien, ici ; vieudrez-vous?

STELLA

Oh! sûrement!... pourrais-je vous refuser? avec vous je n'ai rien à craindre, et s'il existait d'autres

dangers, je les braverais pour vous revoir encore, pour nous consoler ensemble.

Comptez sur moi, toujours je fus sincère, Et j'oso ici tout haut le déclarer, En vain, hélas 1 la fortune contraire Veut à jamais de vous me séparer.

Chassant la défiance, Dans l'avenir je rêve l'espérance :

Elle soutient et ranime mon cœur; Oui, l'espérance, Je le sens là, c'est du bonheur.

M E L it E B T , avec tran.sport.

Ah! quoi qu'il puisse arriver... à vous pour la vie !... (Il lui baise la main.)

FRIEDLIN, arrivant par le fond, à gauche. Absolument comme dans Marie Sliiart , de Schiller, acte troisième, scène quatrième.

STELLA

Ah! mon Dieu!... (Elle s'enfuit.)

M E L B E n T , sortant du côté opposé. Au diable l'importun !

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