‹ Théâtre de Alexis de Comberousse, précédé d'une noticeChapitre 479 sur 764 · LIER N AU · texte numérisé non relu

LIER N AU

Eh ! madame, vous m'aviez d('jà ouvert la porte f[uelquefois, et un pareil scrupule aurait bien dû ne pas vous prendre juste par le temps le plus effroyable.,, dont le souvenir restera à jamais gravé dans ma mémoire,,, et sur mon bras droit,

* CLARISSE

Eh! tant mieux, monsieur.

LIEBNAl'.

Comment, tant mieux, que j'aie un rh niatisnie?

CLARISSE

Sans doute, puisque vous lui devez toui voire talent diplomatique,

LIEBNAf,

Qu"cst-cc que ça peut y faire, je vous prie?

CLARISSE

VM mais, ça vous empêche souvent de signer,., et quand ça tombe bien,., on l'attribue à votre habileté et à votre fermeté de caractère...

LIEBNAl.

Kh bien! madame, aujourd'hui je n'en aurai pas de caractère... car mon bras va fort bien... et je signerai...

LE SERMENT DE COLLEGE

CLARISSE

Vous signerez?...

LIEBNAU.

Oui, madame... le soixante-quinzième article du traité d'alliance entre ce pays et le duché de Bade que je représente.

L'article par lequel serait conclu le mariage de la princesse Amélie de Bade avec le prince chez qui nous sommes?

LIEBNAU.

Justement... mon souverain a laissé à ma sagacité le soin de décider s'il fallait consentir à cette union... et quoique vous m'en détourniez, je ne sais pourquoi...

CLARISSE, à part.

Cette alliance ferait trop d'honneur à M. de Melbert... et je saurai bien l'empêcher de réussir...

LIEBNAU.

J'ai déjà signé les soixante-quatorze premiers articles... je signerai le soixante-quinzième.

CLARISSE

Eli bien! monsieur... signez... mais comptez désormais sur ma haine... et croyez bien que je saisirai toutes les occasions de vous faire repentir... (Elle va s'asseoir sous le bosquet à gauche.) FRIEDLIN, entrant -vivement, à Liebnau.

Monsieur, on m'a chargé de vous dire... (11 s'arràte.)

LIEBNAU.

Quoi?... achevez, mon ami...

F R !*£ D L I N , le regardant.

Pardon!... non, ce n'est pas à vous... (A part.) J'allais faire une bêtise... (En se reculant, il se trouve près de Clarisse.) Ah mon Dieu.... et cette dame!... est-ce que le sort s'amuserait aujourd'hui à réveiller tous mes sentiments d'autrefois... maîtresse!... ami!... je vous retrouverais!... Oui, oui... je ne me trompe pas... c'est bien Clarissi;... et maintenant... lui aussi je le reconnais... c'est bien là ce damné Badois dont les florins séducteurs...

LIEBNAU, qui, pendant cet aparté, s'est approché tout doucement de sa femme , toujours assise dans le bosquet, et a causé avec elle.

Allons, ne te fâche pas... Pourtant puisque j'en

ai déjà signé soixante-quatorze... 11 me semble

qu'un de plus...

CLARISSE

Encore!...

Aui : J'en (jxuilc ini petit de mon thir.

LIEBNAU,

Non, c'est fini, madame, pour vous plaire.

Je le promets, je no signerai pas; Mais 00 n'est point une chimère, Je crois me sentir mal au bras...

De votre part eu n'est plus despotisme...

Paralysé!... Ma parole d'honneur!

(A part.) Quand je signai l'acte de mon bonheur, Que n'avais-je mon rhumatisme ?

Mais voyons, du moins, donne-moi tes instructions.

CLARISSE, se levant.

Eh bien ! d'abord, vous me remettrez ce traité.

LIEBNAU, étonné.

A toi?...

Oui, à moi.

FRIEDLIN, à part.

Diable!... c'est elle qui fait la paix ou la guerre.

CLARISSE

Ensuite, il y a un ministère vacant.

FRIEDLIN, à part.

Un ministère... c'est bon à savoir...

CLARISSE

Vous le demanderez pour M. de Rimfeld.

LIEBNAU.

Ce jeune homme qui nous a si bien accueillis, lorsque notre chaise versa à la porte de son château ?...

CLARISSE

Lui-même...

FRIEDLIN , à part.

Il paraît qu'un bienfait n'est jamais perdu.

LIEBNAU.

Mais tu n'y penses pas... c'est un ennemi de M. de Melbert.

CLARISSE

Il est de nos amis... c'est moi qui vous l'assure.

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