‹ Théâtre de Alexis de Comberousse, précédé d'une noticeChapitre 503 sur 764 · L I E II N A U · texte numérisé non relu

L I E II N A U

Je vous en fais mon compliment, monsieur...

CLARISSE, bas à Friedlin.

Prenez garde :\ vos paroles.

LIEBNAi;.

Mais je ne vois pas quel rapport le soixantoquinzième...

FRIEDLIN.

J'y viens. Je disais que cette femme ravissante... était folle de moi... à tel point qu'elle me signa un petit écrit oîi elle s'engageait à ne jamais en aimer un autre... que votre très-humble serviteur. J'ai cet écrit.

CLARISSE, à part.

Grand Dieu!

LE PRINCE, riant.

Ah! le bon billet!..,

FRIEDLIN.

Comme vous dites, mon prince. Un soir... après...

une scène, (Bas à Liebnau.) sur le grand théâtre de

Berlin...

LIEBNAU, iiuiniet.

De Berlin... un soir...

CLARISSE, bas à Friedlin.

Vous me perdez.

FRIEDLIN, de même.

Je l'espère bien. Haut.) 11 faisait un temps épouvantable.

LIEBNAU, à part.

Diable ! ceci me rappelle...

FRIEDLIN, continiiant.

J'étais chez ma belle, assis tranquille auprès d'un feu pétillant... jamais elle ne m'avait paru si jolie... jamais je ne l'avais tant aimée... Tout i\ coup, on frappe à la porte à coups redoublés. LIEBNAU, à part.

Comme moi.

CLARISSE, bas.

Au nom du ciel, taisez-vous !

FRIEDLIN, de même.

Fermez-moi la bouche. Vous savez ce que je veux?...

LIEBNAU.

Après?... après?

FRIEDLIN.

Après... L'idole de mon cœur... tombe à mes genoux... me supplie de me cacher... de lui permettre d'ouvrir à quelqu'un qu'elle détestait...

LIEBNAU.

La perfide!

FRIEDLIN.

Mais qu'elle avait le plus grand intérêt à ménager... les coups redoublent...

LIEBNAU, à part.

Bien sûr, c'était moi!...

LE PRINCE, riant.

Ah! ah! ah! je vois d'ici ce pauvre rival, frap-

LE SERMENT DE COLLEGE

pant toujours... toujours, et trempé jusqu'aux os... Et probablement vous avez refusé?... CLARISSE, bas, vivement à Friedlin.

J'accorde tout... la main de Stella... la signature de mon mari...

F R I E D L I .\ , il Licbnau .

Je consentis.

LE PRI\CE

Qu(.'I!e bêtise!

LiEBXAL, à part, avec joie.

Mil... i)our le coup, ce n'est plus moi... car j'ai bien passé toute la nuit à la porte... (Portant la main gauche à son bras droit.) Témoin...

CLARISSE, bas à Fi'iedlin.

Monsieur, le traité...

rniEDLix, de même.

Avec le soixante-quinzième.

LE PRINCE

Et le lendemain? car j'aime beaucoup les lendemains.

CLARISSE, bas à Friedlin.

Ma lettre, monsieur.

FRIEDLIN, de même.

Protocole... pour protocole... (Ils font l'écLauge à la dérobée.) Enfin!... (Haut. Le lendemain, mon prince, quand je me présentai chez elle... elle était partie.

LE PRINCE

Toute seule?

Non pas.

Monsieur!...

FUIKDUM.

CLARISSE, bas.

FRIEDLI\.

Avec un gros... (Regardant Liebnau.) avec un gros brasseur de Silésie.

LE PRINCE

Bravo !

i.iEBNAU, à part, s'essuyant le front.

Ali! il m'avait remis tout en nage.

LE PRINCE

Tu as été joliment payé de ta générosité.

FRIEDLIN.

Oui, mon prince, car c'est h elle que je dois... peut-être... de pouvoir vous remettre en ce moment... (Il lui présente le papier qu'il a reçu de Clarisse.)

LK PRIXCE.

Comment! ce que depuis quinze jours mon ministre n'avait pu obtenir!

F li I K I) 1. 1 \ .

Enl(!vé en cinq minutes.

LE PRINCE, à pail.

Qu'est-ce que cela veut dire?... (Kxaiiiin.iiil Clarisse.) Est-ce que par hasard "...

FRIEDLl \.

Mais... ce n'est que pour mon ami que je réclamerai vos bonnes grâces... et j'espère que vous vous joindrez à moi pour lui faire accorder la main de l'aimable Stella.

LE PRINCE

Oh! pour cela, je n'ai rien promis, et...

FRIEDLIX, bas.

Vous oubliez que la princesse Amélie vous est donnée par ce protocole...

LE PRINCE

Diable! tu as raison... je n'y songeais plus. Approchez, Melbert.

FRIEDLIN, à Melbert, lui prenant la main. Permets qu'à mon tour je te ]irésente.

LE PRINCE

Je vous conserve ma faveur... et je pense que madame de Liebnau ne vous refusera plus celle que vous sollicitez.

FRIEDLIN, à Melbert.

Elle est à toi.

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