FRANCIS, MARIE
FRANCIS
Enfant! enfant!... tu comprends donc, toi, Marie?...
UN FHEKE Dli (JUINZK ANS.
M A II I b".
Pardi... c'est bien dillicilc.
I 11 wcis.
lili bien ! moi, je donne ma langue aux chiens... c'est de riiébreu,.. et je n'apprends que le latin et le grec!...
MARI E
Mon Dieu!... que ces petits garçons ont peu d'intelligencel... vous verrez qu'il faudra que ce soit moi... Comment, vous ne voulez pas voir que votre M. de \'ernant se moque de vous... et qu'il ne vous aime pas?
FRANCIS
Ça n'est pas vrai... et quand il ne m'aimerait pas... quand il se moquerait de moi,., qu'est-ce que cela peut faire à ma soiur?
MARI i;.
Ob! quelle patience.'... Allons, approchez-vous... et suivez-moi bien, car, vraiment, vous me faites pitié.
FRANCIS
J'y suis... mais sois plus claire que ma sœur.
Oh! j'emploierai une figure si naturelle, que si vous n'y voyez pas, vous y mettrez de la mauvaise volonté.
FRANCIS
Je ne perds pas de vue ta figure.
MARIE
Supposez que vous êtes mon mari, et que vous m'aimez... oh! mais beaucoup... beaucoup.
FRANCIS
Tiens, c'e-^t gentil.
AI A R I E
Ce n'est qu'une supposition... J'ai un frère, moi... un jeune frère... bien étourdi... bien.,, comme vous...
FRANCIS
J'entends ra.
MAR lE.
Un beau jeune homme me rencontre, me trouve belle... c'est toujours une supposition,., mais il ne me connaît pas, il ne connaît pas mon mari.,, lorsqu'il rencontre aussi, courant, galopant dans la campagne.,, mon écolier de frère. Avec un enfant, on ne se gûnc pas...il fait bien vite connaissance, lui montre une grande amitié... et voilà mon petit nigaud qui s'empresse d'amener son prétendu ami chez sa sœur, et de le faire inviter par le maii...
IR \NCIS.
Eh bien?...
M \ Il I E.
Eh bien, le beau jeune homme ne voulait pas autre chose... Il vi(!nt chez moi, me fait la cour, me com|iromi;l vis-à-vis de mon mari <[U(î j'aime.., se bat peut-être avec lui... que sais-jc, moi? il le tue...
riiANC. is, \iviiniiil.
Ah! tais-toi, lais-toi, .Marie! j'étoull'e de houle.
de chagrin, de colère!... Ah! M, de. Vernant m'a cru assez bèfe...
MARIE
Il paraît qu'il n'avait pus grand tort,
FRANCIS
Pas de doute, il voulait se jouer de moi,., insulter ma sœur,., car il a beau feindre, se cacher, je vois tout... je devine tout, Marie,.,
MARIE
Bon!... il devine à présent.
Ses prévenances, son amitié pour moi, tout cela n'était qu'un jeu, vois-tu, c'était de l'amour pour ma sœur... oui, de l'amour, sois-en bien persuadée,,, je m'y connais,., oh! je m'en vengerai!
MA r.IE.
Allons, n'allez-vous pas encore faire d'autres sottises?
Du tout, du tout, ça se passera tranquillement... il faut seulement que je le voie, que je lui parle, que nous battions, que je le tue.., et puis après, nous verrons. Adieu , Marie,
MARIE
Mais écoutez donc.
FRANCIS
Non, non, je vais tout de suite,., (AperccTant M. Diicbemiii.) Ah! mon beau-frère... silence, pas un mot devant lui.