SCÈNE XXI
Les Mêmes, MARIE, i,es Invités.
M A RIE, accourant.
Ma tante, ma tante, voilà tout le monde qui airive.
DUCHEMIN
Tant mieux, ji' suis eu mesure.
CHŒUli DliS INVITÉS.
Aui :
Ah! quel plaisir I Bis.
l'ar lui la vio Est embellie...
Ah ! quel plaisir, Uis.
Entre amis do se réunir.
DUC HE MIN, à mi-voix ;\ Vernant, taudis que sa
femme va aui invitée et leur fait accueil. Monsieur de Vernant n'a pas de motif ])our garder l'incognito?
s i; Il N A N T.
Aucun, luoiisieur.
kO
UN FRERE DE QUINZE ANS
1>UCHKMIN, lui pienant vivement la main et le présentant.
Je vous présente M. de Vernant, sccrL-tairc intime de Son Excellence.
TOUS, saluant.
Do Son Excellence !
FKANCIS.
Est-il possible '.
M A D A M F, n l' C H E M I N , à part.
Ah I je comprends.
Messieurs, je suis très-flatté. . . (Amenant Dnchemin sur le devant de la scène, où ils sont suivis par madame Ducbemin, Marie et Francis.) Monsieur, vous vous trompe/., ou vous vous moquez de moi ; je ne suis pas secrétaire du ministre.
DUCHEMIN
O ciel!... Mais vous demeurez bien rue de Richelieu, hùtel des Princes?... C'est sur la réponse du concierge lui-môme que j'ai pris la poste. VEUNANT, éclatant de rire.
Ahl ah! ah!
FRANCIS, de même.
Ah! ah! ah! impossible de ne pas rire.
MARIE, de même .
Ah ! ah ! ah ! est-il drôle, mon oncle !
MADAME DUCHEMIN, à part.
Je suis au supplice!
DUCHEMIN, à sa femme, désignant les invités. Va donc, va donc les occuper.
VERNANT.
Pardon, monsieur, je m'explique votre méprise; dans le même hôtel, habitait un autre M. de Vernant; celui-là en est déménagé depuis trois sem.aines... c'est le secrétaire intime.
DUCHEMIN
Ah! j'étouffe!
VERNANT.
Mais je vais réparer votre erreur, et donner ma démission. (Se retournant.) Messieurs...
DUCHEMIN, l'arrêtant.
De grâce, monsieur, jusqu'à demain... songez ce que c'est qu'une petite ville; que de plaisanteries, de brocards... on va se mettre à table, on
boira du Champagne, vous ne voudriez pas que je fisse les honneurs de chez moi de tontes les manières; demeurez, je vous en supplie !
FRANCIS, vivement, bas à Vernant.
Monsieur, vous ne pouvez rester.
DUCHEMIN, de même.
Par pitié, monsieur...
FRANCIS, de même.
Par délicatesse, monsieur...
VERNANT, à part.
La situation est originale. (Bas à Duchemin.) Soyez tranquille, monsieur. (Bas à Francis.) Rassurez-vous, mon jeune ami. (Remontant la scène et s'adressant aux invités.) Messieurs et mesdames, je suis désespéré de ne pouvoir passer avec vous le reste de la journée, car au moment où je recevais l'invitation de M. Duchemin, le ministre me faisait savoir que j'eusse à me rendre sur-le-champ auprès de lui, pour un travail important et pressé.
TOUS
Ah! quel dommage!
DUCHEMIN, vivement.
Le ministre nous joue-là un vilain tour. (Bas à Vernant.) Parfaitement, monsieur.
FRANCIS, bas à Vernant.
Très-bien... et sans espoir de retour?
VEINANT, lui remettant la clef.
Tenez... (Montrant Ducbemin.) il n'y penserait pas, celui-là.
FRANCIS, lui rendant les tablettes qu'il a reçues
de lui.
Un cadeau en vaut un autre.
VERNANT, à part.
Mon souvenir... il pense à tout, lui.
MARIE, bas à Francis.
Dites donc, vous me raconterez tout ce qui s'est passé.
DUCHEMIN
A table, à table!
BROUSSAILLES
Décidément, avait-il un permis?