‹ Théâtre de Alexis de Comberousse, précédé d'une noticeChapitre 561 sur 764 · ACTE TROISIÈAIE · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈAIE

Le théâtre représente une chambre simplement meublée. — Portes latérales à droite, l'une conduisant à la chambre de madame Jouvenel, l'autre à celle de Désirée. — Armoire ouverte par le côté sur le public ; fenêtre au fond, par laquelle on voit la maison d'en face et les fenêtres du logement de de Massé. — Table placée près de a chambre de madame Jouvenel, flambeaux allumés.

SCÈiNE I.

DE MASSÉ, copiant; DÉSIRÉE, MADAME JOUVENEL, travaillant près de Ini. DE MASSÉ, après avoir copié avec activité. Enfin, me voilà au bas de la page: je puis respirer... (Comme s'adressant aux deux femmes, mais ne regardant que madame Jouvenel.) Que vous êtes aimables, mesdames, de me tenir ainsi compagnie. Auprès de vous, je passerais ma vie à copier. MADAME JOLVENEL, se uioquanl.

Sans boire ni manger?

DE MASSÉ

Oh 1 madame... quand le cœur est plein... (Drsirée soupire.)

MADAME JOUVENEL, l'interrompant.

Si vous causez toujours, la besogne n'avancera pas.

DE MASSÉ, regardant son papier.

Ça n'est pas encore sec... Je disais donc?...

DESIR ÉE, avec empressement.

Vous disiez qu'une personne vraiment sensible peut se nourrir de son seul amour... mais nous sommes trop jeune'^ tous les deux pour en avoir fait l'expérience. Aucune femme, n'est-ce pas, n'a sur votre cœur une influence?...

DE MASSÉ, regardant son papier.

Pardon, c'est sec... (Il retourne vivement la page et se met à copier.)

DÉSIRÉE, à part.

II est timide...

DE MASSÉ, lisant tout haut c qu'il vient dp copier. «1 C'est alors que je fus blessé... virgule. » H.

Ah ! quel vilain état que l'état militaire... et les balles sont aveugles... Sait-on où elles frappent?... au cœur, quelquefois. Je ne pourrais pas être la femme d'un officier... même supérieur... (Baissant les veux. ) et je trouve que le commerce , la finance...

DE MASSÉ, raturant.

Pardon, vous me faites tromper...

DÉSIRÉE, à part.

Je lui donne des distractions! pauvre jeune homme!

DE MASSÉ, lisant tout haut ce qu il va copiei. Il Je reçus l'ordre de partir. »

DÉSIRÉE

Mon Dieu, oui! ces pauvres maris militaires ne s'appartiennent pas, et encore moins à leur femme. Par exemple, mon frère doit se trouver à Versailles demain matin, à cinq heures, pour une inspection... eh bien! afin de pouvoir être exact, il faut qu'il parte dès ce soir, et nous passerons la nuit ici, seules! Une jeune femme et une demoiselle ! pas de cavalier pour nous défendre... et aujourd'hui qu'on ne parle que de voleurs... DE MASSÉ, vivement. (On se lève.)

On dit même que le quartier en est infesté... pas plus tard qu'hier on a volé à dix pas dici... chez le bijoutier.

M A D A SI E J 0 l V E N E L.

Ce n'est peut-être pas vrai.

DE MASSÉ

On a enfoncé deux volets.

LES MAHIS VENGES

PKSin i: r.

Oiielle imprudent! de nous laisser sans protecteur... moi, dont les feiuHrcs ne sont pas gril- K-es !... eh ! mon Dieu 1 je pense que je les ai laissées ouvertes... j'ai toujours peur qu'on ne se glisse sous mon lit... je vais me barricader...

DE JIASSÉ.

S'il y a du danger, appelez-moi.

Ah! mon Dieu, mon Dieu! je suis toute tremblante! (Elle sort.)

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