SCÈNE VIII
CnÉQUl, puis GOMBAULT, puis NOGAUET.
CRÉQl I, seul. \ive Dieu! voici un duel qui me porte bonheur... C'est pourtant ;\ mon nouvel ami que je (lois... C'est drùle comme l'amitié ou la haine tient à peu de «hose... Maintenant que nous avons croisé le fer et hudu Champagne ensemble...
■yj-i
i.K (;in:\Ai. dk ciikoi i.
jt; l'uinio, co clicr Olivier... Kli inais! lo voici... (Cuiir.iiil vei.s lioriilt.inll ijiii ciilic.j Eilibl'assons-nous, mon clier, cmbiassoiis-iious.
(iOMIS\lJI.T, à iiiiiilic gris i>l If l>ra> on r'ch.irpc.
La, la, assez, assez!
c. nÉi.iii.
Ton ijias, coiiuiieiit va-t-ii?
i;<) M liAII I.T.
A iiiervi'illc... nui muiii poiiria oiicoiv ('■crirf... (S'élonilanl sur iiii t'anteuil.) Ahl...
Cil KOI I.
Mon Dieu! tu soulTros, je le vois.
(;o Al lî \u Lï, se levant.
Non, non... au contfaire, cette petite saignée m'a fait du bien!... Mais je crois que le Champagne... ail! traître de Champagne... (Il retombe siu- le fauloiiil.) Mon Dieu! ipie je dormirais donc bien...
\oi;Ar.E'r , entrant.
Ah ! mes amis, tout est perdu ! Fuyez... la reine a su votre duel et vient de donner l'ordre à son capitaine des gardes de vous arrêter.
CRÉQUI
Nous arrêter ! arrêter un homme qui va se marier!... Et ce cher ami... qui ne songeait à rien, qui ne s'est battu que pour me faire plaisir... Cela serait absurde... odieux... (A Gomhault.) N'est-ce pas, frère, que nous n'irons pas en prison?
GOMBAlil.T.
Kn prison!... moi? Est-ce qu'il y a des prisons pour le giMiic?... La génie... c'est la liberté!
NOGAUET.
l'.ii bien! prenez garde qu'on ne vous l'ote à tous 1rs deux.
(.OM li AUI.T.
lli-in? qu'est-ce qu'il dit donc, h; vicomte?
\OGARET.
Je dis, mon maître, qu'au lieu de recevoir des leçons d'escrime, vous auriez bien mieux fait d'en donner de poésie.
Du tout; je ne veux rien t'appreiidrc.. tu n'as l)as (le disposition.
\ or. Ali i; T.
I"st-il malhonnête!
r.OAlIîAll.T.
lionne nuit, Noganît; bonm- nuit, Créqui.
N OOAn KT.
Vraiment, il s'agit bien do cela. (Le .secouant.) Mon ami, mon ami !
G0.MBAU1.T.
Oui, je suis ton ami, mon petit vicomte... je suis l'ami de tout le inonde... Mais... laisse-moi... je dors.
NOGAUET.
Mon Dieu! nous ne parviondrons jamais à le liri;r d'ici.
i. r. Éi.ti I.
Sois traïuiuilli,', dans une minute il sera bien
loin... .le vais le ii'\ ciller. (Sr iM-inliaiil vn.s Oumliaiill.) (Jlivit;r... voici la reine.
(.OMIIAU I.T, endormi.
La reine, je suis son serviteur.
\OGAr. ET, de l'anlre ci'ité. à pari.
O n'est donc pas Sa Majesté qu'il aime... ^Da> à roreille de (inmhnnli.) Olivier! voici madame d'' Navailb's...
i;o\l liAl.l.T, Iressaillant.
Madame de Navailles! où donc est-elle.'... Ah! je. rêvais!... pourquoi mon songe n'a-t-il i)as duré?
Tu rêveras plus tard; maintenant, il s'agit d'cchappc^r au danger qui te menace.
(.OM BAUI.T, .se levant.
Mes cbcrs amis, vous êtes insupi)ortabies, et je vous prie de me laisser tranquille, .l'aime le danger, moi, j(î lui ferai des vers...
(illÉQlil.
Oui, quand tu seras en siireté... Maintenant, c'est moi qui t'ai forcé à te battre... qui suis cause... du péril que tu cours. Tu me permettras bir^i de réparer ma faute?
(. OMIÎA I I.T.
.le If permets.
r.R Énin.
Prends donc d'abord ce manteau, pour te garantir du froid... (Il lui met son manteau sur les l'panle.s.)
GOMBAUI-T.
Hon, le manteau... Après?
cnÉQ ut.
Maintenant, il faut que tu acceptes mon cheval.
(;0MBAUI,T.
Ton cheval... je veux bien!
NOGARET
Lui! (jui n'a galopé encore que sur Pégase!
CRÉQlil.
Oh! sois tranquille, le Pégase que je lui prête est doux comme un agneau.
dO MB AU I.T.
11 n'est donc pas rétif... lui?
CRÉOtl I.
Pas le moins du inonde... il tt' mènera... où tu voudras...
GOMB \IJI.T.
Oh! où il voudra aussi... pourvu que ce ne soit pas en prison !