ACTE DKUXlKMt
a décidé de mou sort. Jamais mes yeux u'avaient été éblouis de tant de grâce unie à tant de beauté; et lorsque, plus tard, j'appris que cette' jeune fille était la noble Kléonore de Kerbran, la plus ricbe héritière de la Martinique... il n'était plus temps; je l'aimais... oh! de toutes les forces do mon âme! j'aimais la fière créole qui me mépriserait quand même je pourrais lui apporter toutes les richesses de la terre; je l'aimais comme uu fou, comme un insensé, malgré tous mes raisonnements, tous mes elTorts, au point d'oublier quelquefois les préjugés de son rang, sa fortune, ma pauvreté, bic'ii plus... ma naissance. Ah! oui, c'est là l'obstai le insurmontable ! lin France, tout peut se racheter avec du talent, du courage, du génie ; mais à la Martinique, rien ne saurait effacer la goutte de sang noir tombée dans mes veines , et je ne serai jamais aux yeux de ces insolents colons qu'un esclave qui a brisé sa chaîne... Ah! j'ai bien fait de ne pas me servir de la recommandation que j'ai apportée de France pour M. de La Rebelière; je rougirais de rien devoir à cet homme qui, dit-on, joint à la dureté d'un affranchi parvenu l'insolence d'un noble de race. Et c'est lui qui doit devenir l'époux d'Éléonore!... Oh ! je partirai, je ne resterai pas sur cette terre inhospitalière!