‹ Théâtre de Alexis de Comberousse, précédé d'une noticeChapitre 677 sur 764 · AT A DE MOIS FI, LE IIÉBI. RT · texte numérisé non relu

AT A DE MOIS FI, LE IIÉBI. RT

Je songe qu'il faut que vous lu'écoutiez.

ÉLKONORE.

Parlez vite, alors.

MADEMOISELLE HÉBERT

Et si je vous demandais de renoncer à cette promenade?

FLÉONORE.

Oh ! je refuserais !

MADEMOISELLE HÉBERT

Si je vous le demandais comme une preuve de votre amitié pour moi?

Mais quel motif... pourquoi... lorsque nous avons promis... lorsque j'ai à lui apprendre une bonne nouvelle?... car vous ne savez pas... nous restons encore ici quinze jours... un mois peutêtre; cela est sûr, mon tuteur vient de me l'écrire.

MADEMOISELLE HÉBERT

C'est justement ce qui me fait insister. Maintenant que notre séjour va se prolonger... il est impossible que je ne vous ouvre pas les j'eux sur des dangers... il faut cesser de voir M. Donatien!

ÉLÉONORE

Cesser de le voir, lui que le ciel semble avoir placé dans ces montagnes pour nous protéger!... Mais vous ne vous rappelez donc rien? depuis que je le connais, n'est-ce pas sur lui que doivent se reporter tous mes sentiments de reconnaissance?... Ne s'est-il pas jeté au milieu des flammes pour me conserver ma fortune? Bien plus, dans cette nuit affreuse où Palême m'avait enlevée, n'est-ce pas lui qui est venu me défendre, nie sauver?...

MADEMOISELLE HÉBERT, à part.

Pauvre enfant, comme elle l'aime!

Et cet homme, qui a tant fait pour moi, qui nous prodigue tous les jours ses soins, ses prévenances, n'a seulement pas été invité à passer le seuil de cette habitation; il est obligé d'attendre au loin que nous daignions avoir besoin de lui. Et comme si c'était encore là une trop giande faveur vous me proposez de l'en priver! ,\h! c'est mal... bien mal... vous, si juste autrefois.

MADEMOISELLE HÉBERT

Eh! mon enfant, plus que jamais je trouve les jiréjugés que l'on a ici absurdes, cruels, mais, je vous l'avoue, je me reproche de vous avoir ouvert les yeux... puisque je n'avais pas le pouvoir de les ouvrir en même temps à ceux qui vous entourent; ne devais-je pas comprendre le malheur de vous mettre en oi)posiii()n avec tout le monde?... Songez donc à la jiosition de Donatien... à la votre ! Vous, l'héritière, la nièce de M. de Kerbraii, que dirait-on, que penserait-on, si l'on savait que vous voyez chaque jour comme un égal... comme un ami, celui que tous ces orgueilleux colons n'estiment guère plus, malgré ses nobles qua-

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lités, que le dernier de vos esclaves?... Ah! je n'ose prévoir... si M. de La Rebelière apprenait jamais...

ÉLÉONORE

Eli! que m'importe? dans qucUiuos jours, ne serai-je pas majeure? ne scrai-je pas libre?

MADEMOISELLE IIÉHERT.

Et si Donatien cessait do l'ùtre?... si sa vie mùmc était menacée?...

éi.éonoue.

Grand Dieu! qui, moi, je serais cause !...

MADEMOISELLE UÉBERT.

Donatien n'est qu'un épave, il vous l'a dit, sans titre de liberté encore, jugez de tout le parti que le ressentiment de M. de La Rebelière, tout-puissant ici, pourrait tirer de cette situation... Donatien serait perdu!

Ah ! j'aime mieux renoncer... j'aime mieux vous jurer... mais avant, je veux le voir encore une fois... une seule fois.

MADEMOISELLE HÉBERT

Mais cette dernière fois peut le perdre...

ÉLÉONOUE.

Oh! non, car ce sera iii, en votre présence, où il viendra en secret, tout à l'heure, conduit par vous.

MADEMOISELLE HÉBERT

Quoi! VOUS voulez?

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