SCÈNE XI
MAZARIN, évanoui, DE VALLON,
BERiNOUIN, puis GUÉINALD.
DE VALLON, entrant suivi de Bernouin, qui lui
montre le cardinal. A part, avec inquiétude. Que peut-il me vouloir? (Haut.) Monseigneur, me voici à vos ordres. ( S'approchant dé Mazarin qui ne répond pas.) Mais il est évanoui... sans connaissance... Ah! mon Dieu! serait-ce pour le soigner qu'il m'aurait fait appeler?
BERNOUIN, eiaminant à l'écart.
Le voilà qui commence à jouer son rôle. Ne dirait-on pas à le voir étendu dans son fauteuil... Quel air naturel! l'excellent comédien ! DE VALLON, très-inquiet.
Que faire? comment m'y prendre?... quelle position!... et qu'un médecin doit être embarrassé devant son premier malade... surtout quand il n'est pas médecin !
GUÉNAUD, entrant avec deux valets.
Monseigneur... que vois-je! en quel état!
BERNOUIN, à part.
Est-ce qu'il serait malade tout de bon? avec cet homme-là on ne sait jamais à quoi s'en tenir. MAZARIN, reprenant à demi connaissance.
Ce n'est rien... ce n'est rien !
GUÉNAUD, l'examinant.
Ah ! Dieu merci ! les couleurs reviennent ! non, ce ne sera rien. Bernouin, hàtez-vous de conduire votre maître dans sa chambre (Les valets emmènent Mazarin en le soutenant.)
DE VALLON, à lui-même.
Ma foi ! il a bien fait de venir à mon aide.
GUÉNAUD, revenant à de Vallon.
Comment! c'est vous, monsieur, que je trouve seul ici, sans que vous ayez songé à me faire prévenir ! Vous, ignorant ! vous, profane !
DE VALLON
I',ii ! monsieur! allez donc d'abord secourir votre malade.
Air : Tu ne sais pan, jeune imprudenl.
Vous vous préparez des regrets ; Au lieu d'exercer votre langue, Tirez-le du danger; après, Vous me ferez votre harangue.
GUÉNAUD, se contenant à peine, avec ironie. Tant do zèle vous fait honneur, Je publîrai votro mérite; Et comptez, monsieur lo docteur.
Qu'on vous paira votre visite.
(Il sort on le uienai^aut.