G D EN A CD
Kh bien ! on m'avait donné là un joli neveu!
DE VALLON
Que dites-vous, au nom du ciel?
Je dis... je dis... que tu es un agent de l'Espagne... un intrigant payé par mes ennemis, mais je saurai déjouer cet odieux complot.
DE VALLON, à part.
Je commence à comprendre.
MAZARIN
Qu'on le fouille... à l'instant... là devant moi, et qu'on lui reprenne...
DE VALLON, bas.
Très-bien, monseigneur! oh! vous êtes un grand ministre, et je baisse la tête devant les inspirations de votre génie... Cependant le moyen que je vous proposais tout à l'heure valait beaucoup mieux, je vous jure.
MAZARIN, aux valets.
Eh bien, qu'atteudez-vous pour m'obéir?
DE VALLON, les repoussant.
Ln moment. (A Mazaiin.) Monseigneur, foi de gentilhonmie! je n'ai pas sur moi l'objet de vos recherches... (Baissant la voix.) Et vous devez me croire, car, franchement, je serais bien maladroit, bien indigne de vous, si je ne l'avais pas mis en sûreté.
MAZARIN, vivement.
Et qu'en as-tu fait, malheureux? tu veux donc ma ruine?
DE VALLON
Je ne veux que Louise, Monseigneur.
MAZARIN
Je ne veux q\ie Louise! je ne veux que Louise... (A lui-même.) En attendant, le fourbe m'a dérobé un papier pour lequel certaines gens donne-
raient un million... Mais j'y songe, Guénaud doit être son complice, c'est lui qui me l'a amené... (.V Giunaud.) Approche, Guénaud : qu'est-ce (jui t'a porté, toi, mon médecin, qui me dois tout, ta réputation, tes richesses, à me i réseuter mon ennemi conmie ton neveu ?
GLÉNAUD.
Gorbleu! monseigneur, je ne vous l'ai pas présenté... je me suis contenté de l'accepter, c'est bien assez comme ça.
MAZARIN, réilécliissant.
Jl a raison... c'est ma nièce... et alors... c'est elle qui est la dépositaire. (A ses gardes.) Conduisez Monsieur dans cette pièce, vous m'en répondez sur votre tète. (Tout le monde sort.) Ah! madame de Soissons! madame de Soissons! vous êtes bien fine! mais on peut encore lutter contre vous... La voici.