B A I. A IV D I N
Sans doute... mais c'est que tu pourrais te tromper de voiture... deux diligences arrivent de Paris à Chàteau-Chinon le môme jour; la première à une heure, la seconde à deux heures.
GUICHONET.
Eh bien! c'est par celle d'une heure que ton fils...
BALANDIN.
Oui, mais comprends bien!... par suite d'événements qui se sont déjà vus sur les grandes routes, il serait possible que la première diligence ariivât la seconde, c'est-à-dire que la diligence d'une heure arrivât à deux heures, et la diligence de deux heures à une heure. Dans ce cas-là, tu te ferais bien expliquer si c'est la diligimcc de deux heures qui est arrivée à une heure, parce qu'alors la diligence qui arrive à une hf-ure arriverait à deux heures; mais cela n'empéchei'ait toujours pas mon fils d'arriver à une lieurc.
G L I c II o N i; T.
Qui'l diable de brouillamini!
CL AU DINE, reparaissant.
V'ià le cabinet décoré, noi' maître.
BAr.ANDIN.
Décor(';!... je vais voir ça... Décoré!... ah! mon fils aussi le sera un jour!
KNSKMBI.lî.
Aiii do la S'irnntiettr imprrialf.
l'nur r.\mc paternelle .Moment plein de douceur!
Oh I que la vie est belle Quand un tils est docteur!
IIIPPOLYTE, à part.
O contrainte cruelle ! Pour moi plus de bonheur.
Mon père en v.iin appelle Mon cousin le docteur.
GI'ICIIONET, à part.
Une fille si belle.
Est-ce avoir du malheur !
Et que pourra pour elle Mon neveu le docteur ?
BALANDIN, à Guichonel.
C'est la diligence d'une heure!...
GUICHONET, impatienté.
Ah! quelle pendule tu fais!
CLAUDINE, à part.
Mamzelle Polyte qui pleure !
Son cousin lui caus' des effets.
REPRISE
BALA^DI^ et guicmonet.
Pour l'âme paternelle, etc.
Une fille si belle, etc.
HIPPOLYTE
Mon père en vain appelle
Mon cousin le docteur;
Ah ! que pourra son zèle !...
Pour moi plus de bonheur.
CLAUDINE
C'te pauvre demoiselle ,
La méd'cin' lui fait peur...
Je n'aim'rais pas plus qu'elle
Voir venir un docteur.
( Balandin entre dans le cabinet de son fils , Guichonot sort par le fond, Ilippolyte par la porte à ^^lucbe, Claudine reste en scène.)