ACTE TROISIÈME
pas à dire, la chaml)re de IM. Léopold est toujours une chambre de garçon. Croyez-vous que ce soit flatteur pour un mari?
CATHERINE
Est-ce qu'il peut lui en vouloir de son amitié pour sa mère?
BRIOLET.
L'amitié, l'amitié, voyez-vous, Catherine... il faut que l'amour soit bien faible pour ne pas trouver moyen de passer devant. Il est vrai que ces jeunes filles, c'est capricieux.... que ça fait frissonner!
CATHERINE
Eh bien ! voilà de jolies idées, pour un homme qui veut épouser ma fille!
BRIOLET.
Oli ! épouser, épouser!... Ça ne presse pas.
CATHERINE
Comment ! ça ne presse pas? Ne me l'avcz-vous pas demandée à votre retour? tout n'a-t-il pas été convenu? ne Favez-vous pas trouvée embellie?
BRIOLET.
Embellie !... c'est-à-dire, je l'ai trouvée grandie et grossie, voilà tout.
CATHERINE
Ah çà ! est-ce que monsieur Briolet ne voudrait plus entrer dans la famille?
BRIOLET.
Je n'ai pas dit un mot de ça.
CATHERINE
Que dites-vous donc?
BRIOLET.
Je disque j'ai réfléclii, beaucoup réfléchi, et que si vous y consentez, mamzelle Toinette n'aura pas à se plaindre de la façon dont je me conduirai avec elle; je serai son ami, son protecteur.
CATHERIN E.
C'est le devoir d'un bon mari.
BRIOLET.
Oui, et d'un bon quelque autre encore.
CATHERINE
Un bon... quelque autre!... quoi donc, s'il vous plaît ?
BRIOLET.
Et pardine!... un bon père.
Un père?
BRIOLET.
Eh bien! oui... le mot est lâché ; il est inutile d'aller par quatre chemins...
CATHERINE
fttes-vous dans votre bon sens? vous ai-je bien compris? ce serait moi?...
BRIOLET.
Que je veux pour femme... Oui, dame Catherine.
CATHER INE.
Moi, qui ai dix ans de plus que vous!
BRIOLET.
Est-ce que je regarde votre acte de naissance?
je- regarde votre visage, et je vous vois fraîche, avenante, réjouie; enfin, vous me plaisez.
CATHERINE
Décidément vous êtes fou, Briolet.