‹ Théâtre de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 117 sur 504 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

MELAC PERE, MELAC FILS.

MELAC PERE avec chagrin.

Ne me suivez pas, mon fils.

MELAC FILS.

Eh! le puis-je, mon pére?

MELAC PERE.

Je vous l’ordonne.

MELAC FILS.

Vous abandonner dans un moment si facheux !

MELAG PERE,

Votre douleur m’importune... elle m’offense.

MELAC FILS.

Je connais trop mon pére, pour soupconner rien qui lui soit injurieux. Mais si votre bonté me laissait percer un mystére... 4 MELAG PERE. ;

Mon fils! :

MELAG FILS.

Refuserez-vous de m’indiquer les moyens de vous servir,

@adoucir au moins vos peines?

MELAG PERE.

Il est des devoirs dont ton age et ta vivacité t’empéche-

raient de sentir toute obligation.

MELAG FILS.

Vous m’avez appris 4 respecter tous ceux qui sont sacrés pour vous. Ayez confiance aux principes de votre fils; ce sont les votres. a ;

MELAG PERE.

Mon ami, tu commences ta carriére quand je finis la mienne ; et l'on voit différemment. L’intérét du passé touche peu les jeunes gens; ils sacrifient beaucoup 4 l’espérance. Mais quand la vieillesse vient nous rider le visage et nous courber le corps , dégotté du présent, effrayé sur Pavenir, que reste-t-il 4 VYhomme ? L’unique plaisir d’étre content du passé. (D’ua ton plus ferme.) J’ai fait ce que j’ai dt; je vous défends de me presser davantage,

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