‹ Théâtre de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 119 sur 504 · MELA FILS · texte numérisé non relu

MELA FILS

Il aime Pauline. Il n’est revenu que pour elle; il me croit son rival. Jugez s’il nous hait, et sila jalousie ne lui fera pas pousser les choses...

MELAG PERE.

Elle pourrait l’indisposer ; mais quelle apparence que Saint- Alban... ?

En me confiant ce secret, Pauline ne m’a pas caché combien elle s’alarme pour vous.

MELACG PERE. P

D’oui naitrait sa jalousie? — Nuire a ses desseins! Nous! Y a-t-il un seul instant de notre vie ot nous ne missions pas tous nos soins 4 faire entrer Aurelly dans des vues aussi avantageuses pour sa niéce, s’il avait la folie de s’y refuser ? Courez donc le tirer d’erreur, mon fils.—Mais non: il convient que ce soit moi-méme; et ce soir...

(11 fait un mouvement pour sortir-) MELAC FILS se mettant devant lui.

Ah! mon pére, arrétez... Elle m’aime, elle vient de me I’avouer, N’aurai-je-done recu sa foi que pour la trahir’ a l’instant?

MELAG PERE surpris.

Recu sa foi! )

MELAC FILS. :

Le premier usage que je ferais des droits qu’elle m’a donnés serait de les transmettre 4 mon ennemi!

MBLAG PERE s’échauffant.

Des droits? Quel discours! quel délire!

MELAC FILS.

La céder 4 Saint-Alban , me couvrirait de honte inutilement.

MELAC PERE,

Mon fils...

Pauline outragée me mépriserait, sans ratifier cet indigne traité.

MELAC PERE en colére.

Quoi donc , monsicur ! me croyez-vous déja si méprisable ? Mon infortune a-t-elle éteint en vous le respect? Vous ne m’écoutez plus... :

MELAC FILS.

Ah mon pére! ah Pauline!

Page 1