ACTE ly, SCENE II
Vous désapprouvez ma conduite ?
AURELL.
Je n’entends rien 4 votre politique. Que Mélac soit coupable de mauvaise foi, ou seulement d’imprudence, en rejetant mes conditions vous risquez...
SAINT-ALBAN, Je ne les rejette pas; mais il faut m’expliquer... AURELLY.
J écoute.
SAINT-ALBAN
Vous voulez sa grace entiére?
AURELLY.
Sans restriction.
SAINT-ALBAN
Yirai, pour vous obliger, jusqu’au dernier terme de mon pouvoir.
: AURELLY.
Quelle étendue y donnez-vous?
SAINT-ALBAN
Celle que vous y donneriez vous-méme. Vous n’exigez pas
que je sauve sa réputation aux dépens de mon honneur? : AURELLY.
11 y aurait encore plus @’absurdité que d'injustice a le proposer.
SAINT-ALBAN
Les intéréts de la compagnie a couvert par vos: offres , on peut faire grace 4 votre homme de l’opprobre qu'il a mérité; mais je deviendrais coupable si je lui confiais plus longtemps une recette... :
Vous lui dtez sa place!
SAINT-ALBAN
La lui laisseriez-vous ?
AURELLY.
Ah! monsieur , je vous prie...
SAINT-ALBAN
Faites un pas de plus.
AURELLY.
Comment ?
SAINT-ALBAN
Vous avez de lV’honneur : osez me le conseiller. ( Aureliy baisse la téte sans répondre. ) Jespére que vous distinguerez ce que je puis accorder , et ce que le devoir m’interdit ; accepte
largent; je me tairai : mais j’exige qu’il se défasse a l’instant de son emploi, sous le prétexte qu’il voudra. AURELLY.
Javoue qu’il n’est pas digne dele garder; mais son fils ? cette survivance? tant de démarches pour l’obtenir ?..
SAINT-ALBAN, Son fils? qui nous en répondrait ?
AURELLY.
Moi.
SAINT-ALBAN
C’est. beaucoup faire pour eux.
AURELLY.
J’ai vingt moyens de m/assurer de lui.
SAINT-ALBAN révant,
Javoue que... je... je n’ai point d’objection personnelle contre le jeune homme ; et, dans le dessein ou je suis de vous demander une grace pour moi-méme...
AURELLY.
Je pourrais vous obliger ?
SAINT-ALBAN
Sur un point de la plus haute importance.
AURELLY vivement.
Tenez-moi pour déshonoré si je vous refuse.
SAINT-ALBAN
Puisque Vous m’encouragez , je vais parler. Vous connaissez ma fortune , mes meeurs ; vous avez une niéce adorable ; elle m’a charmé, je aime, et je vous demande sa main comme la plus précieuse faveur...
AURELLY stupéfait
Vous me demandez... ma Pauline ?
SAINT-ALBAN
Auriez-vous pris des engagements ?
AURELLY embarrassé.
En vérité, ce n’est pas cela; mais si vous la connaissiez mieux...
SAINT-ALBAN
Je Pai plus étudiée que vous ne pensez.
AURELLY.
Cette enfant,n’a pas de fortune.
SAINT-ALBAN. é
Sur un mérite comme le sien, c’est une différenceimperceptible.
AURELLY 8 part.
Comment sortir de ce nouvel embarras!