SCENE PREMIERE
LE COMTE seul, en grand manteau brun et chapeau rabattu. II tire sa.montre en se promenant.
Le jour est moins avancé que je ne croyais, L’lieure a laquelle elle a coutume de se montrer derriére sa jalousie est encore éloignée. N’importe; il vaut mieux arriver trop tot, que de manquer Vinstant de la voir. Si quelque aimable de la cour pouvait me deviner 4 cent lieues de Madrid, arrété tous Jes matins sous les fenétres d’une femme & qui je n’ai jamais parlé, il me prendrait pour un Espagnol du temps d’Isabelle. — Pourquoi non? Chacun court aprés le bonheur. I est pour moi dans le cceur de Rosine. — Mais quoi! suivre une femme a Séville, quand Madrid et la cour offrent de toutes parts des plaisirs si faciles? — Et c’est cela méme que je fuis. Je suis las des conquétes que intérét, la convenance ou la vanité ; nous présentent sans cesse. Il est si doux d’étre aimé pour soi-méme ! Et si je pouvais m’assurer sous ce déguisement .. Au diable Pimportun !