‹ Théâtre de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 173 sur 504 · ACTE I, SCENE Il · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE Il

cur? La pauvre jeunesse est si maiheureuse aujourd’hui, qu’elle n’a que ce terrible choix : amour sans repos, ou repos sans amour.

“ ROSINE baissant les yeux.

Repos sans amour... paraif...

FIGARO

Ah! bien languissant. Il semble, en effet, qu’amour sans repos se présente de meilleure grace : et pour moi, si j’étais femme...

Sie ROSINE avec embarras, — il est certain qu’une jeune personne ne peut empécher un hennéte homme de l’estimer.

FIGARO

Aussi mon parent vous estime-t-il infiniment. ROSINE.

Mais s'il allait faire quelque imprudence , monsieur Figaro , il nous perdrait.

FIGARO 4 part.

I] nous perdrait ! (Haut. ) Si vous le Jui défendiez expressément par une petite lettre... Une lettre a bien du pouvoir.

ROSINE lui donne Ja lettre qu’elle vient d’écrire,

Je n’ai pas le temps de recommencer celle-ci ; mais en la lui

donnant , dites-lui... dites-lui bien... (Elle écoute.)

FIGARO, Personne, madame.

‘ ROSINE

Que c’est par pure amitié tout ce que je fais. FIGARO.

Cela parle de soi. Tudieu ! amour a bien une autre allure! ROSINE.

Que par pure amitié, entendez-vous? Je crains seulement que , rebuté par les difficultés...

FIGARO

Oui, quelque feu follet. Souvenez-vons , madame, que le vent qui éteint une lumiére allume un brasier , et que nous sommes ce brasier-la. D’en parler seulement , il exhale un tel fen quil m’a presque enfiévré (1) de sa passion, moi qui n’y ai que voir!

ROSINE

Dieux ! j’entends mon tuteur. S’il vous trouvait ici... Passez

41) Le mot enjievre, qui n’est plus francais, a excité la plus vive indignation parmi les puritains littéraires; je ne conscille 4 aucun galant

par le cabinet du clavecin, et descendez le plus doucement que vous pourrez.

FIGARO

Soyez tranquille. (A part, montrant la lettre.) Voici qui yaut mieux que toutes mes observations. (1l entre dans le cabinet. )

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