‹ Théâtre de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 177 sur 504 · LA JEUNESSE · texte numérisé non relu

LA JEUNESSE

Voila plus de cinquante... cinquante fois... dans un moment} (il éternue) Je suis brisé.

BARTHOLO

Comment! je vous demande a tous deux s'il est entré quelqu’un chez Rosine , et vous ne me dites pas que ce barbier... L’EVEILLE continuant de bailler.

Est-ce que c’est quelqu’un donc, monsieur Figaro? Aah ah... : :

BARTHOLO

Je parie qne le rusé s’entend avec lui.

LEVEILLE pleurant comme un sot.

Moi... je m’entends!... ; LA JEUNESSE éternuant.

Eh mais , monsieur , y a-t-il... y a-t-il de la justice ?.. BARTHOLO.

De la justice! C’est bon entre vous autres misérables, 1a justice! Je suis votre maitre , moi, pour avoir toujours raison. LA JEUNESSE éternuant.

Mais, pardi, quand une chose est vraie...

BARTHOLO

Quand une chose est vraie! Si je ne veux pas qu’elle soit vraie, je prétends bien qu’elle ne soit pas vraie. Il n’y aurait qu’a permettre a tous ces faquins-]a d’avoir raison, vous verriez bientét ce que deviendrait l’autorité.

LA JEUNESSE ¢ternuant.

Jaime autant recevoir mon congé. Un service terrible , et toujours un train d’enfer!

L’EVEILLE pleurant.

Un pauvre homme de bien est traité comme un misérable. BARTHOLO.

Sors donc, pauvre homme de bien! (Illes contrefait.) Et

t’chi et t?cha; un m’éternue au nez, l'autre m’y baille. LA JEUNESSE.

Ah, monsieur, je vous jure que, sans mademoiselle, il n’y aurait... il n’y aurait pas moyen de rester dans la maison.

(Al sort en éternuant. ) BARTHOLO. 2

Dans quel état ce Figaro les a mis tous! Je vois ce que cest : le maraud voudrait me payer mes cent écus sans bourse délier...

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