ACTE 11, SCENE VII. DS
comme hirondelle avant Porage, pianissimo murmure et file, et seme en courant le trait empoisonné. Telle bouche Je recueille , et piano, piano, vous le glisse en Voreille adroitement. Le mal est fait; il germe, il rampe , il chemine, et rin- Jorzando de bouche en bouche il va le diable; puis tout a coup , ne sais comment, vous voyez calomnie se dresser , sif~ fler, s’enfler, grandir 4 vue d’ceil. Elle s’élance , étend son-vol, tourbillonne , enveloppe , arrache , entraine, éclate et tonne, et devient, grace au ciel, un cri général, un crescendo public , un chorus universel de haine et de proscription. Qui diable y résisterait ?
BARTHOLO
Mais quel radotage me faites-vous donc la, Bazile? Et quel
rapport ce piano-crescendo peut-il avoir 4 ma situation? BAZILE,,
Comment , quel rapport? Ce qu’on fait partout pour écarter son ennemi, il faut le faire ici pour empécher le vétre @approcher.
BARTHOLO
D’approcher ? Je prétends bien épouser Rosine avant. qu’elle apprenne seulement que ce comte existe.
BAZILE
En ce cas, vous n’avez pas un instant 4 perdre. BARTHOLO. m
Et 4 qui tient-il , Bazile? Je vous ai chargé de tous les. détails de cette affaire.
BAZILE
Oui, mais vous avez lésiné sur les frais; et dans ’Pharmonie du bon ordre , un mariage inégal, un jugement inique, un passe-droit évident, sont des dissonances qu’on doit toujours préparer et sauver par l’accord parfait de lor.
rie BARTHOLO lui donnant de !’argent.
Il faut en passer par ol vous voulez; mais finissons. BAZILE.
Cela s’appelle parler. Demain tout sera terminé : c’est & vous d’empécher que personne, aujourd’hui , ne puisse instruire la pupille.
BARTHOLO
Fiez-vous-en 4 moi. Viendrez-vous ce soir, Bazile ? BAZILE.
N’y comptez pas. Votre mariage seul m’occupera toute la journée ; n’y comptez pas.
: BARTHOLO Paccompagne.
Serviteur.
BAZILE
Restez, docteur , restez donc.
BARTHOLO
Non pas. Je veux fermer sur vous la porte de la rue.