‹ Théâtre de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 18 sur 504 · ACTE 1, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCENE V

chateau de Cowerly.... Car rien ne peut détacher votre pére de son insipide projet. :

EUGENIE.

Mais si le comte a cessé de m’aimer?

En seréz-vous moins milady Clarendon ?... Et puis, quelle idée! un homme qui a tout sacrifié au bonheur de vous posséder ! : :

EUGENIE pénétrée.

Il était tendre alors! Que de larmes il versa Jorsqu’il fallut nous séparer! Je pleurai aussi; mais je sentais que les plus grandes peines ont leur douceur quand elles sont partagées.

Quelle différence!

MADAME MURER

Vous oubliez donc votre nouvel état , et combien l’espoir de Ja voir bientét mére rend une jeune femme plus chére a son mari? Ne lui avez-vous pas écrit cette nouvelle intéres-

sante ?

EUGENIE..

Son peu d’empressement n’en est que plus affligeant. MADAME MURER.

Et moi je vous dis que vos soupcons l’outragent. EUGENIE. .

Avec quel plaisir je m’avouerais coupable!

MADAME MURER

Vous l’étes plus que vous ne le pensez : et cette tristesse , ces larmes, ces inquiétudes..., croyez-vous tout cela bien

raisonnable?

EUGENIE.

Grace aux considérations qui tiennent notre mariage secret , il faut bien que je dévore mes peines. Mais aussi, milord... 1’étre pas 4 Londres le jour que nous y arrivons! -

MADAME MURER

Son valet de chambre est ici : je vais envoyer chez lui pour

vous tranquilliser. (Elle sonne. )

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