ACTE II, SCENE XIV
BARTHOLO
Il vous sied bien, manipuleur ignorant , de ravaler ainsi le premier, le plus grand et le plus utile des arts !
LE COMTE
Utile tout a fait, pour ceux qui l’exercent.
BARTHOLO
Un art dont le soleil s*honore d’éclairer les succés !
Et dont la terre s’empresse de couvrir les béyues. BARTHOLO.
On voit bien, malappris, que vous n’étes habitué de parler qu’a des chevaux.
LE COMTE
Parler a des chevaux? Ah, docteur! pour un docteur d’esprit... N’est-il pas de notoriété que le maréchal guérit toujours ses malades sans leur parler; au lieu que le médecin parle beaucoup aux siens...
BARTHOLO
Sans les guérir, n’est-ce pas ?
LE COMTE
C’est vous qui l’avez dit.
BARTHOLO
Qui diable envoie ici ce maudit ivrogne ?
LE COMTE
Je crois que vous me lachez des épigrammes, l’Amour! BARTHOLO.
Enfin, que voulez-vous, que demandez-vous ?
LE COMTE feignant une grande colere.
Eh bien donc, il s’enflamme! Ce que je veux? Est-ce que
vous ne le voyez pas?