‹ Théâtre de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 301 sur 504 · BARTHOLO, ANTONIO, SUZANNE, FIGARO, MARCELINE, BRID’OISON · texte numérisé non relu

BARTHOLO, ANTONIO, SUZANNE, FIGARO, MARCELINE, BRID’OISON

ANTONIO voyant Figaro embrasser sa mére, dit 4 Suzanne. Ah oui, payer! Tiens, tiens.

SUZANNE se retourne.

Yen vois assez : sortons, mon oncle.

FIGARO V’arrétant.

Non, s'il vous plait. Que vois-tu donc?

SUZANNE

Ma. bétise et ae lacheté.

FIGARO

Pas plus de l’une que de l’autre.

SUZANNE en colére.

Et que tu l’épouses a gré, puisque tu la caresses. FIGARO gaiement.

Je la caresse, mais je ne l’épouse pas.

(Suzanne veut sortir, Figaro la retient.) SUZANNE lui donne un soufflet.

Vous étes bien insolent d’oser me retenir'!

FIGARO 4 la compagnie.

C’est-il c& de Pamour? Avant de nous quitter , je Ven supplie, envisage bien cette chére femme-la.

SUZANNE Je la regarde.

FIGARO Et tu la trouves... °

3UZANNE

Affreuse.

FIGARO

Et vive la jalousie! elle ne vous marchande pas. MARCELINE les bras ouverts.

Embrasse ta mére, ma jolie Suzannette. Le méchant qui te’ tourmente est mon fils.

SUZANNE court a elle.

Vous, sa mére! (Elles restent dans les bras Pune de Yautre.) ANTONIO.

C’est done de tout 4 Pheure?

. Que je le sais.

MARCELINE exaltée.

Non, mon cceur entrainé vers lui ne se trompait que de

motif; c’était le sang qui me parlait.

FIGARO

Et moi le bon sens, ma mére , qui me servait d’instinct quand je vous refusais; car j *étais loin de vous hair , témoin argent...

MARCELINE lui remet un papier.

ll est 4 toi : reprends ton billet, c’est ta dot.

SUZANNE lui jette la bourse.

Prends encore celle-ci.

FIGARO

Grand merci.

MARCELINE exaltée.

Fille assez malheureuse , j’allais devenir la plus misérable des femmes, et je suis la plus fortunée des méres ! Embrassezmoi, mes deux enfants ; junis en vous toutes mes tendresses. Heureuse autant que je puis l’étre, ah! mes enfants, combien je vais aimer !

FIGARO attendri, avec vivacité.

Arréte donc, chére mére! arréte donc! voudrais-tu voir se fondre en eau mes yeux noyés des premiéres larmes que je connaisse? Elles sont de joie, au moins. Mais quelle stupidité! ai manqué d’en étre honteux : je les sentais couler entre mes doigts : regarde (11 montre ses doigts écartés.); et je les retenais bétement! Va te promener, la honte! je veux rire et pleurer en méme temps; on ne sent pas deux fois ce que j’éprouve. (Il embrasse sa mére d’un cété, Suzanne de Vautre.)

MARCELINE

O moniami!

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