ACTE 1V, SCENE V
LA COMTESSE recule.
Ah cieh!
SUZANNE
€e friponneau !
ANTONIO
Quand je disais la-haut que c’était lui !...
LE COMTE en colére.
Hé bien, madame? | LA COMTESSE.
Hé bien, monsieur ! vous me voyez plus surprise que vous, et, pour le moins, aussi fachée.
Oui ; mais tantét, ce matin?
¢ LA COMTESSE
Je serais coupable, en effet, si je dissimulais encore. II était descendu chez moi. Nous entamions le badinage que ces enfants viennent d’achever ; vous nous avez surprises l’habillant: votre premier mouvement est si vif! il s’est sauveé , je me suis troublée; leffroi général a fait le reste.
- LE COMTE avec dépit a Chérubin.
Pourquoi n’étes-vous pas parti?
CHERUBIN étant son chapeau brusquement.
Monseignewr...
LE COMTE
Je punirai ta désobéissance.
FANCHETTE étourdiment.
Ah, monseigneur, entendez-moi! Toutes les fois que vous venez m’embrasser, vous savez bien que vous dites toujours : Si tu veux maimer, petite Fanchetie, je te donnerai ce que tu voudras.
LE COMTE rougissant.
Moi, j’ai dit cela?
FANCHETTE
Oui, monseigneur. Au lieu de punir Chérubin, donnez-lemoi en mariage, ef je vous aimerai 4 la folie.
LE COMTE 4 part.
Etre ensorcelé par un page!
LA COMTESSE
Hé bien, monsieur, 4 votre tour! L’ayeu de cette enfant, aussi naif que le mien, atteste enfin deux vérités: que c’est) toujours sans le vouloir si jé vous causé des inquiétudes, pendant que vous épuisez tout pour augmenter et justifier les miennes.
ANTONIO
Vous aussi, monseigneur? Dame! je vous la redresserat comme feu sa mére, qui est morte... Ce n’est pas pour la conséquence ; mais ¢c’est que madame sait bien que les petites filles, quand elles sont grandes...
LE CoMTE déconcerté, a part.
Il y a un mauvais génie qui tourne tout ici contre moi!