‹ Théâtre de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 320 sur 504 · ACTE IV, SCENE X. x · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE X. x

FIGARO s’avance 4 lui.

Oui, c’est pour cela justement qu’il a des alles au dos. Notre

ami, qu’entendez-vous par cette musique?

BAZILE montrant Gripe-Soleil.

Qu’aprés avoir prouvé mon obéissance 4 monseigneur en amusant monsieur, qui est de sa compagnie, je pourrai 4 mon tour réclamer sa justice.

GRIPE-SOLEIL

Bah ! monseigneu , il ne m’a pas amusé du tout avec leux guenilles d’ariettes... ~ LE COMTE.

Enfin que demandez-vous , Bazile?

BAZILE

Ce qui m’appartient , monseigneur, 1a main de Marceline ; et je viens m’opposer...

FIGARO s’approche Y a-t-il longtemps que monsieur n’a vu la figure d’un fou? BAZILE.

Monsieur, en ce moment méme.

FIGARO

Puisque mes yeux vous servent si bien de miroir, étudiez-y Veffet de ma prédiction. Si vous faites mine seulement d’approximer madame... ‘

BARTHOLO en riant.

Eh pourquoi? Laisse-le parler.

BRID’OISON s’avance entre deux.

oe que deux amis... ?

FIGARO

Nous, amis!

BAZILE

Quelle erreur! ; FIGARO Vite, Parce qu’ il fait de plats airs de chapelle?

BAZILE vite.

Et lui, des vers comme un journal ?

FIGARO vite.

Un musicien de guinguette!

BAZILE vite.

Un postillon de gazette !

FIGARO vite.

Cuistre doratorio!

BAZILE vite. Jockey diplomatique !

LE COMTE assis.

Insolents tous tes deux!

BAZILE

Il me manque en toute occasion.

FIGARO

C’est bien dit, si cela se pouvait !

BAZILE

Disant partout que je ne suis qu’un sot.

FIGARO

Vous me prenez donc pour un écho?

BAZILE

Tandis qu’il n’est pas un chanteur que mon talent n’ait fait briller.

FIGARO

Brailler.

BAZILE

Il le répéte !

FIGARO

Et pourquoi non, si cela est vrai? Es-tu un prince, pour qu’on te flagorne? Souffre la vérité , coquin , puisque tu n’as pas de quoi gratifier un menteur : ou si tu la crains de notre part, ‘pourquoi viens-tu troubler nos noces?

BAZILE & Marceline.

M’avez-vous promis, oui ou non, si, dans quatre ans veus n’étiez pas pourvue, de me donner ta préférence ? MARCELINE.

A quelle condition lai-je promis ?

BAZILE

Que si vous retrouviez un certain fils perdu, je ’adopterais par complaisance.

TOUS ENSEMBLE

I] est trouvé.

Qwa cela ne tienne!

TOUS ENSEMBLE , montrant Figaro.

Et le voici.

BAZILE reculant de frayeur.

Yai vu le diable ! :

BRID’OISON 4 Bazile.

Et vou-ous renoncez 4 sa chére mére !

BAZILE

Qu’y aurait-i] de plus facheux que d’étre cru le pére d’un

garnement ?

‘ FIGARO, D’en étre cru le fils; tu te moques de moi!

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