ACTE 1, SCENE IV
SUZANNE en colére.
Ah! les scélérats @hommes! quand on les étranglerait fous... ! ;
BEGEARSS
Jaime a croire que tu m’en exceptes.
SUZANNE
Ma foi!.... pas trop.
BEGEARSS riant.
’ Sadore ta franche colére : elle met a jour ton bon cceur! Quant a Pamoureux chevalier, il le destine & voyager..... longtemps. — Le Figaro, homme expérimenté, sera son discret conducteur. (Il lui prend 1a main.) Et voici ce qui nous concerne. Le comte, Florestine et moi, habiterons le méme hotel ; et la chére Suzanne a nous, chargée de toute la confiance, sera notre surintendant , commandera la domeslicité, aura la grande main sur tout. Plus de mari , plus de soufflets, plus de brutal contradicteur; des jours filés d’or et de soie, et la vie la plus fortunée!....
SUZANNE
A vos cajoleries, je vois que vous voulez que je vous serve auprés de Florestine ?
BEGEARSS caressant.
A dire vrai, j'ai compté sur tes soins. Tu fus toujours une — excellente femme! J’ai tout le reste dans ma main; ce point seul est entre les tiennes. (Vivement.) Par exemple, aujour-, @hui tu peux nous rendre un signalé.,.. (Suzanne examine Bégearss, se reprend.} Je dis un signalé, par importance qu’il y met. (Froidement.) Car, ma foi! c’est bien peu de chose ! Le comte aurait la fantaisie.... de donner a sa fille , en signant le contrat, une parure absolument semblable aux diamants de la comtesse. I] ne voudrait pas qu’on le sit. SUZANNE surprise.
Ha! ha!....
BEGEARSS
Ce n’est pas trop mal vu! De beaux diamants terminent bien des choses! Peut-étre il va te demander d’apporter !’écrin de. sa femme, pour en confronter les dessins avec ceux de son joaillier....
SUZANNE
Pourquoi comme ceux de madame? C’est une idée assez
bizarre.
BEGEARSS
Il prétend qu’ils suient aussi beaux.... Tu sens, pour moi, combien c’était. égal! Tiens , vois-tu? le voici qui vient.